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2018, année record pour l'agriculture bio en France

En 2018, l'agriculture biologique a connu une forte croissance en France, avec plus de 6 000 agriculteurs convertis et 12 % des consommateurs qui mangent bio tous les jours.

Par Romane Brisard I Publié le 4 Juin 2019


6 600 producteurs se sont convertis au bio sur l’année 2018, soit quasiment 16 par jour (Crédit : Shutterstock)
6 600 producteurs se sont convertis au bio sur l’année 2018, soit quasiment 16 par jour (Crédit : Shutterstock)
Les Français sont de plus en plus bio ! Agriculteurs, consommateurs, mais aussi distributeurs. Voilà ce qui ressort de l'étude de l'Agence Bio pour l'année 2018, dont voici les chiffres clés.

Près de 10 % des agriculteurs cultivent bio

En 2018, 5 000 exploitations se sont converties à l'agriculture biologique, soit 41 600 fermes certifiées bio. Ce sont 6 600 agriculteurs, soit 16 par jour, qui ont passé le cap dans l'année, un niveau de recrutement record.

Ils représentent près de 10 % des agriculteurs français et 155 347 emplois directs sont concernés, soit plus du double par rapport à 2012.

Les terres cultivées atteignent quant à elles 2 millions d’hectares, soit 7, 5 % de la surface agricole utile. Les entreprises de transformation de produits bio connaissent aussi un envol notable, avec une augmentation de 49 % en 5 ans.

Une "SAU" est une Surface Agricole Utile (Crédit : Agence Bio)
Une "SAU" est une Surface Agricole Utile (Crédit : Agence Bio)

La production bio a doublé en 5 ans

Résultat : la production bio a doublée en 5 ans, pour atteindre là aussi un niveau annuel record. Certaines cultures, en particulier, connaissent une progression très dynamique, comme les céréales, oléagineux, protéagineux  (+ 31 %), mais également les légumes (+ 24 %), les fruits et les vignes (+ 20 %).


12 % des Français consomment bio tous les jours

Plus de 9 Français sur 10 déclarent avoir consommé des produits biologiques en 2018, selon le rapport. Près des trois-quarts d’entre eux consomment bio au moins une fois par mois. Et 12 % tous les jours.

En moyenne, les placards des ménages français contiennent ainsi 5 % d'aliments bio, d'où une progression du marché de 15 % avec des ventes qui frôlent les 10 milliards d’euros.

En 2018, le bio a séduit 17% de nouveaux consommateurs. 1/3 de ces nouveaux adeptes ont moins de 24 ans (Crédit : Agence Bio)
En 2018, le bio a séduit 17% de nouveaux consommateurs. 1/3 de ces nouveaux adeptes ont moins de 24 ans (Crédit : Agence Bio)

La grande distribution concentre 49 % des achats bio

Quasiment la moitié de ces achats se fait aujourd'hui dans la grande distribution, qui accorde une place croissante aux produits bio dans ses rayons.

La vente en magasins spécialisés, elle, connait une progression moindre, de 7,7 %, soit 34 % du marché bio en 2018. Si certains petits commerces ferment face à l'essor des grandes enseignes, le réseau Biocoop se porte bien. Il a terminé l'année avec un chiffre d’affaires de 1,21 milliard d’euros, soit une croissance de 11 % par rapport à 2017. La vente directe ne conserve que 12 % de ce marché.


Un secteur qui peut mieux faire

Le marché français bio connaît une croissance plus dynamique que celle du leader allemand (Crédit : Agence Bio)
Le marché français bio connaît une croissance plus dynamique que celle du leader allemand (Crédit : Agence Bio)

En Europe, l'Allemagne reste la championne du bio, avec une progression des ventes de 5,5 % en 2018 pour atteindre 10,9 milliards d’euros en 2018.

Mais la croissance y est moins dynamique qu’en France, où une progression de 15,7 % a été constatée avec un chiffre d'affaires à 9,7 milliards d’euros. L’Italie arrive juste derrière avec 3,6 milliards.

Toutefois, l'Agence Bio rappelle que la croissance du secteur pourrait être encore plus importante, et souligne les difficultés économiques et techniques des agriculteurs qui se convertissent.

Dans le même temps, le magazine 60 Millions de consommateurs, qui a réalisé une étude sur 130 produits bio, pointe d'autres failles du secteur : exploitations intensives, vente de fruits et légumes sous plastique, gâteaux bio plus sucrés que des gâteaux classiques, ou présence de polluants autres que des pesticides... D'où l'importance de continuer à lire les étiquettes, et à se méfier des produits trop transformés, bio ou pas bio.
 













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