Il y a des mots qui changent de statut. Longtemps technique, presque administratif, celui de “souveraineté alimentaire” est en train de basculer dans le registre du vital. Ce que montre le premier Baromètre Agri-Éthique 2026, réalisé par Toluna-Harris Interactive auprès de 1 058 Français et 305 agriculteurs, c’est précisément ce basculement. La souveraineté alimentaire n’est plus une affaire d’experts : elle devient une préoccupation largement partagée, presque instinctive, au sixième rang des priorités citoyennes, devant même la protection de l’environnement.
95 % des Français et 99 % des agriculteurs jugent désormais cet enjeu important ou prioritaire. Un quasi-consensus. Rare. Mais trompeur. Car derrière cette convergence, une fracture se dessine : tout le monde est d’accord sur l’objectif, beaucoup doutent des moyens… et surtout de ceux qui sont capables de l’atteindre.