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Ma ville en transition

Ces 4 villes européennes sont des championnes du zéro déchet

Besançon, Parme, Ljubljana et Sǎlacea ont un point en commun : ces quatre villes européennes, de tailles différentes, se sont lancé un défi zéro déchet, et démontrent qu'il est possible de réduire ses ordures.

Par Amandine Passot I Publié le 29 Octobre 2018


Ljubljana, comme d’autres villes touristiques slovènes, a des messages bilingues sur ses poubelles pour encourager tout le monde à trier ses déchets. (Crédit : Snaga, 2015)
Ljubljana, comme d’autres villes touristiques slovènes, a des messages bilingues sur ses poubelles pour encourager tout le monde à trier ses déchets. (Crédit : Snaga, 2015)
Quelle est la ville européenne championne du zéro déchet ? Difficile d'établir un classement, mais certaines villes ont déjà obtenu de bons résultats dans des contextes très différents. Petites ou grandes, riches ou moins riches, d’Est ou d’Ouest, des cités démontrent qu'il est possible de changer les pratiques.

Indispensable, d'autant que l'Union européenne a adopté en avril dernier un paquet économie circulaire, qui contient des objectifs pour le recyclage des ordures ménagères et la mise en décharge. Selon Ferran Rosa, de Zero Waste Europe, ce n’est qu’un début: "À présent il faut faire de l'économie circulaire une réalité. Le vrai travail commence maintenant’". En attendant, voici quatre exemples inspirants.

Ljubljana

Ljubljana est à présent, selon Zero Waste Europe, la meilleure capitale d’Europe pour le tri des déchets. (Crédit :  MaxPixel)
Ljubljana est à présent, selon Zero Waste Europe, la meilleure capitale d’Europe pour le tri des déchets. (Crédit : MaxPixel)
À son entrée dans l’UE en 2004, la Slovénie n'a pas d’objectifs de collecte sélective. En 2007, elle ne recycle que 22% de ses ordures. Mais Snaga, la société publique qui gère les ordures à Ljubljana, la capitale du pays, commence alors à ramasser les déchets organiques en faisant du porte-à-porte. En 2012, ce système s'étend au papier et au carton, et les conteneurs de rue sont retirés. Pour encourager le tri, Snaga passe ensuite à la vitesse supérieure et diminue la fréquence de ramassage des déchets résiduels (non recyclables ni compostables), tout en maintenant la fréquence pour les autres déchets. Cette stratégie porte ses fruits: Ljubljana est à présent, selon Zero Waste Europe, la meilleure capitale d’Europe pour le tri des déchets, et fut capitale verte européenne en 2016. Elle recycle désormais 60% de ses déchets municipaux et produit moins de 110kg de déchets résiduels par habitant et par an contre 268 en 2004. L’engagement de la ville d’ici 2025 est d’atteindre les 78% de collecte séparée et de diminuer à 60 kg par an et par habitant la quantité de déchets résiduels.

Parme

Parme était un gros producteur de déchets. (Crédit : Wikipedia)
Parme était un gros producteur de déchets. (Crédit : Wikipedia)
Cette ville italienne connue pour son jambon et son fromage est en 2012 la plus grosse productrice de déchets d'Italie. C’est un projet d’incinérateur pour 2013 qui donne son élan au mouvement "Zero déchet". Un nouveau maire est élu, et une stratégie est mise en place : collecte porte-à-porte, tri des déchets organiques, fréquence de ramassage et taille des poubelles modulables selon la densité de population, tarification incitative, avec réduction de la rédevance-déchets pour ceux qui compostent chez eux. Résultat:  une augmentation de la quantité de matériaux recyclables collectés, qui passent entre 2012 et 2016 de 49 à 76%, en particulier des déchets organiques, et une réduction globale des déchets non recyclables qui passent de 248 à 110 kilos par habitant .

Besançon

Besançon s'est aussi fixé un objectif ambitieux en matière de zéro déchet. (Crédit : Wikipedia)
Besançon s'est aussi fixé un objectif ambitieux en matière de zéro déchet. (Crédit : Wikipedia)
En Bourgogne-Franche-Comté, c’est aussi un incinérateur qui est à l’origine d’un changement. Pour des raisons notamment de santé publique, la ville décide de ne pas rénover le plus vieux de ses deux fours. Il faut donc trouver une autre solution, et c’est le début d’une approche de réduction des déchets à la source, avec par exemple: le développement du compostage de proximité et une tarification incitative, l'utilisation de gobelets consignés dans l’événementiel, le prêt gratuit de kits de couches lavables aux parents qui veulent les tester… Résultat, les ordures ménagères résiduelles sont passées de 217 kg par habitant en 2009 à moins de 150 kg en 2016. Les déchets recyclables passent de 38 à 58%.

Sǎlacea

Cette petite commune roumaine montre qu'il est possible de passer au zéro déchet à toutes les échelles. (Crédit: Wikipedia)
Cette petite commune roumaine montre qu'il est possible de passer au zéro déchet à toutes les échelles. (Crédit: Wikipedia)
En 2016, la Roumanie recycle 13% de ses déchets. Dans la région du Bihor, Zoltán Pásztai, responsable d’EcoBihor, une société de gestion des déchets, est certain qu’on peut faire mieux. Il tente de convaincre la mairie de la capitale régionale d’adopter la collecte sélective mais le projet n’aboutit pas. Zoltán ne baisse pas les bras, et à l’automne 2017, il rencontre le maire de Sǎlacea, commune de 3000 habitants. Il le persuade de se lancer dans l’aventure et de convaincre la population de trier à la source. En quelque mois, après l’achat de poubelles pour environ 1500 euros, une collecte sélective est mise en place. Même les écoles sont équipées. Dès le premier mois, 66% des déchets sont recyclés, contre 3% seulement dans cette commune en 2017. Les déchets non recyclables passent de 109 à 19 kilos par an par habitant.



[INFO PARTENAIRE]
Né de l’association de l’Unep – Les Entreprises du paysage et Hortis – organisation des responsables nature en ville, l’Observatoire des Villes Vertes développe la réflexion sur les perspectives de la ville verte en France.


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