Emmanuel Faber

Danone, une entreprise tiraillée entre la bourse et la vie

Emmanuel Faber (Crédit : Wikimedia)

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Si pour les observateurs les plus aguerris le débarquement d’Emmanuel Faber de son poste de PDG de Danone est tout sauf une surprise, il est en revanche un rappel, haut et clair, de qui gouverne aujourd’hui nos grandes entreprises cotées en bourse. Encouragés, certains diront aveuglés, par l’émergence des entreprises à mission, beaucoup ont cru, trop tôt (?), l’heure du changement venue. L’entreprise, dotée de sa raison d’être, tendue tout entière vers des objectifs sociaux, sociétaux et environnementaux allait connaître sa révolution.

Las, le départ d’Emmanuel Faber jette une lumière crue sur une réalité tout autre. Les faits sont là. A la question « Qui gouverne l’entreprise ? », la réponse est sans équivoque. Au-delà même des actionnaires, propriétaires de fait de l’entreprise, c’est bien la bourse qui tient la barre. Le patron de Danone a été démis de ses fonctions du fait du parcours boursier de la société, c’est-à-dire des performances financières insuffisantes aux yeux de ses actionnaires ou, du moins, de certains d’entre eux.

Alors que les tenants de l’entreprise à mission, mus par des intentions nobles et séduisantes, pensaient, avec Danone – 1ère entreprise à mission au sein du CAC 40 – faire de l’entreprise un organisme vivant, doté de sa propre identité et donc souverain, la réalité se révèle tout autre. C’est la bourse qui a la main sur la gouvernance. L’entreprise ne pouvant se gouverner elle-même ne peut devenir cet organisme vivant qu’elle aspire pourtant à être.

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