La laine française renoue le fil

Valgaudemar laines Les Laines du Valgaudemar continuent à filer la laine sur les vieilles machines de l’atelier historique. Crédit : Laines du Valgaudemar / Facebook.

Publié par La rédaction WE DEMAIN  |  Mis à jour le

Marie-Laure Laurent se souvient encore de cette journée de juin 2021, quand elle a découvert pour la première fois les filatures de Saint-Firmin, un petit village de 450 habitants situé dans les Hautes-Alpes, à une trentaine de kilomètres de Gap. “Ce qui m’a frappée, c’est l’odeur des vieilles machines et le fait d’être face à un patrimoine industriel du début du XXe siècle, mais qui était toujours en capacité de fonctionner. J’ai trouvé ça fabuleux”, raconte cette quinquagénaire dynamique.

Alors installée au Canada, où elle avait créé huit ans plus tôt une entreprise de design et de décoration, rien ne la prédestinait à reprendre le flambeau de cette filature vieille de deux cents ans, ancrée dans la vallée montagneuse du Valgaudemar. “Quand je l’ai vue, je me suis dit : ‘C’est pour moi’. J’ai tout de suite été convaincue de son potentiel et de l’intérêt de travailler une matière belle et noble comme la laine.”

De l’ours à la pelote de laine : la magie d’un savoir-faire

Quatre ans plus tard, l’odeur d’huile typique des vieilles mécaniques flotte toujours dans l’atelier. En cette matinée de janvier, Lucie, l’une des techniciennes, s’active avec une grande fourche à proximité de “l’ours”, une machine qui aspire la laine avant de la projeter dans un grand conduit. Quelques jours plus tôt, la matière brute est arrivée en ballots compressés. Impossible de la filer sous cette forme, l’ours permettra ainsi “d’ouvrir” la matière, avant de la travailler.

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