Gaspillage alimentaire : les hypermarchés français pourraient éviter 300 000 tonnes de déchets

En supermarché, la mise en avant des produits à date courte est désormais une obligation légale destinée à limiter le gaspillage alimentaire. - © Henry Saint John / stock.adobe.com

Publié le par Florence Santrot

Chaque année, le 29 septembre marque la Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages alimentaires. En France, près de 8 % des aliments sont gaspillés dans la grande distribution selon Eurostat (2024). Pourtant, selon une étude réalisée par l’appli anti-gaspi Phenix la marche de manœuvre est immense : un hypermarché moyen qui met en place une politique active de valorisation de ses invendus peut éviter 130 tonnes de déchets par an.

Cela représente 769 tonnes de CO₂, soit l’équivalent des émissions annuelles de 79 Français. À l’échelle nationale, les 2 300 hypermarchés français pourraient ainsi réduire de près de 300 000 tonnes la quantité de déchets alimentaires et économiser 1,8 million de tonnes de CO₂ chaque année. Un gain environnemental majeur, mais aussi une opportunité sociale.

Pour changer la donne, trois leviers possibles

L’étude identifie trois actions clés, déjà à l’œuvre, qui sont efficaces dans la lutte contre le gaspillage alimentaire :

  • Promotions sur les produits à date courte : 90 % des articles ainsi étiquetés trouvent preneur. Résultat : leur part dans les invendus est passée de 36 % en 2022 à 47 % en 2024.
  • Dons aux associations : aujourd’hui, 21 % des invendus sont redistribués à des structures caritatives, avec un impact direct auprès des plus précaires.
  • Paniers anti-gaspi : en proposant à prix réduit des produits encore consommables, les enseignes parviennent à séduire une clientèle soucieuse d’allier économies et responsabilité.

Certains magasins vont encore plus loin, valorisant jusqu’à 87 % de leurs invendus. De quoi transformer une contrainte en moteur de solidarité et d’écologie.

90 % des articles ainsi étiquetés trouvent preneur.

“Chaque produit sauvé, c’est un repas de plus”

Simon Baldeyrou, CEO de Phenix, insiste : “Quand un produit est sauvé, ce n’est pas seulement un déchet en moins : c’est du CO₂ évité, et souvent un repas de plus pour quelqu’un qui en a besoin. Chaque jour, on voit sur le terrain que les solutions existent et qu’elles fonctionnent. La grande distribution a entre les mains un levier concret pour réduire son impact écologique et renforcer sa solidarité. Il est temps d’en faire la norme.”

Alors que la lutte contre le gaspillage alimentaire est devenue un impératif écologique et social, cette étude rappelle que les solutions ne sont pas théoriques : elles sont déjà là, et leur généralisation pourrait avoir un effet massif.

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Ce n'est pas toujours simple d'ingérer suffisamment de protéines en étant végétarienne. Il faut que je me renseigne davantage sur les sources de protéine et de fer hors viande/poisson.

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