Même si le revenu universel (RU) s’invitait régulièrement dans l’actualité, le concept relevait, pour bon nombre d’acteurs politiques et économiques, de l’utopie. Une utopie devenue réaliste depuis les déclarations, en février dernier, de Sam Altman et Dario Amodei, respectivement PDG d’OpenAI et d’Anthropic, lors du sommet de New Delhi sur l’impact de l’IA. Évoquant l’urgence d’un new deal social pour répondre à la déflagration à venir générée par l’IA, les deux gourous de la Silicon Valley ont cité le revenu universel comme l’une des parades possibles.
Théorisé en 1516 par Thomas More, l’auteur d’Utopia, défendu en son temps par Charles Fourier, chantre du “socialisme utopique”, ou plus tard par le philosophe Michel Foucault, le revenu universel a longtemps été l’apanage des altermondialistes, écologistes, militants antiprécarité, décroissants et autres penseurs critiques d’un travail subi et d’un productivisme mortifère.
“Un nouveau rapport au travail et au temps”
Retournement de situation aujourd’hui : l’idée d’un revenu universel pour tous, inconditionnel et ad vitam,