Vu du ciel, ce sont d’abord des hectares de panneaux photovoltaïques. Au ras du sol, l’image change. Dans douze des treize centrales solaires étudiées par des chercheurs américains, une partie au moins des terrains a été semée de graminées et de plantes à fleurs pérennes : asters, échinacées, asclépiades, rudbeckies… Une végétation beaucoup moins uniforme que les champs de maïs et de soja qui dominent les paysages alentour.
Et les oiseaux semblent avoir remarqué la différence. Une étude publiée fin 2025 dans le Journal of Applied Ecology montre qu’en début de saison, les centrales dites "écovoltaïques" étudiées accueillent environ deux fois plus d’espèces d’oiseaux de prairie que les terres agricoles voisines. Les chercheurs ont même découvert, au fil de leurs visites, 236 nids actifs installés sur ou dans les structures photovoltaïques.
Plus de 11 000 heures à écouter les oiseaux
Pour arriver à ce résultat, les scientifiques de l’Argonne National Laboratory et du National Renewable Energy Laboratory ont suivi en 2023 et 2024 treize fermes photovoltaïques situées dans cinq États du Midwest américain, ainsi que douze sites agricoles servant de témoins. Toutes les centrales avaient été construites sur d’anciennes terres cultivées, principalement consacrées au maïs et au soja. Leur taille variait fortement, d’environ 7,5 à 550 hectares, pour des puissances comprises entre 3,5 et 200 MW.