C’était l’une des belles histoires de la protection des océans. Après des décennies de surpêche, le thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) avait été poussé au bord du gouffre. Classée "en danger" à l’échelle mondiale en 2011, l’espèce a bénéficié de quotas fortement réduits et de contrôles renforcés. Dix ans plus tard, en 2021, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) la faisait passer dans la catégorie "préoccupation mineure".
Mais ce succès pourrait avoir créé un nouvel appétit.
Dans un rapport publié par Compassion in World Farming (CIWF), ONG créée en 1967 par un éleveur laitier britannique, l’organisation s’inquiète de l’explosion de ce que l’industrie appelle "l’élevage" du thon rouge, son engraissement dans des cages en pleine mer. La production aquacole est passée de 1 896 tonnes en 2003 à 36 855 tonnes en 2024, soit près de vingt fois plus en deux décennies. Le nombre de sites autorisés est, lui, passé de 13 en 2006 à 123 en 2026.