Joe Duplantier, le leader des Gojira, n’en revient pas… “C’est incroyable de se parler aujourd’hui, le lendemain de la libération de Paul Watson avec qui nous partageons une longue histoire d’amitié. Je me suis pris de passion pour le travail de Sea Shepherd en 2007. À l’époque, je soutenais Greenpeace, j’étais très concerné par le sort des océans. Mon frère Mario, le batteur de Gojira, et moi, nous venons des Landes, dans la région de Biarritz. Quand nous étions gamins, nous allions nettoyer les plages avec des potes, puis déposer les sacs de détritus devant la mairie pour leur faire honte. J’ai toujours eu ça en moi, cet attrait pour la mer, ce respect de la nature, il faut dire que nos parents nous ont appris ça.
Dans notre album From Mars to Sirius (2005), avec une baleine sur la pochette – le LP qui nous a lancés –, je l’exprimais déjà dans la chanson Ocean Planet : ‘Je ne crois pas pouvoir nager un jour vers ces baleines dans le ciel. Je sens qu’elles sont si proches à l’intérieur de moi et pourtant si loin. J’ai fondu en larmes, je me sens triste, mes rêves sont en feu. Ma force est maintenant partie. Allonge-toi sur une pierre, libère-toi de ce poids et pleure. La planète Océan est en feu.’
Entre inconscient, émotions et océans : une fascination profonde
Que la surface de la Terre soit recouverte à 73 % d’eau m’impressionne, toute cette part invisible de notre monde. Cela me fait penser à l’inconscient humain, à notre monde intérieur, tout aussi mystérieux, mais qui se réveille dans la musique, en émotions fortes, en tempêtes, par la danse, le chant, alors on se rapproche de lui… Les habitants des océans m’ont toujours fasciné, on peut les observer sur les côtes basco-landaises, cela attire beaucoup de gens. Les baleines, notamment, sont des créatures extraordinaires qui possèdent proportionnellement plus de matière grise que les humains.
Elles communiquent sans cesse, elles chantent, elles rêvent, elles développent toute une vie sociale, ludique, mais aussi spirituelle comme nous l’a révélé Patrice van Eersel dans le Cinquième Rêve (Le Livre de Poche). Qu’elles se fassent tuer me révolte ! D’autant plus qu’elles rendent de nombreux services écologiques aux océans comme aux humains, elles séquestrent du carbone, elles fertilisent le phytoplancton, elles sont indispensables aux écosystèmes marins et nous les chassons pour les débiter en sushis. Ce n’est pas juste du sentimentalisme, genre ‘les dauphins sont mignons et les baleines craquantes’, je parle de sauver notre cul sur cette Terre. Les massacrer, c’est aussi mettre en danger l’équilibre global de notre planète maritime, c’est très grave. Et c’est ce qu’a très bien compris Paul Watson.
La rencontre avec Paul Watson, un “vrai pirate”
Paul, je l’ai découvert dans le documentaire Les Seigneurs de la mer, de Rob Steward. Je me suis dit : “Mais qui est ce type incroyable ? Qui sont ces gens qui se battent jusqu’au bout, prônent l’action directe sans violence, arrêtent les tueurs de phoques, paralysent le