Celles : l'être plutôt que l'avoir

De gauche à droite : Vincent (architecte) Céline (infirmière), Mareike (boulangère), Ronan (photographe), François (formateur et écrivain public), François (médecin) Joanna (sage-femme), Nathalie (conseillère juridique) et Yum, le chien de Mareike. - © Bruno Fert

Publié le par Bruno Fert

Luna, 25 ans, porte une élégante robe à fleurs. Olivier, 30 ans, un polo bleu assorti à son bermuda. Le jeune couple devise sur les futurs aménagements de leur maison : elle délimite l’emplacement d’une petite cour, lui imagine un porche assez large pour y faire entrer un four à céramique. À les entendre, on pourrait croire qu’ils s’apprêtent à signer un compromis de vente pour emménager prochainement. Il n’en est rien. Juchés sur un tas de pierres instables, ils observent quelques murs écroulés envahis par les ronces. Des arbres de belle taille occupent l’espace recouvert de luzerne et de serpolet. Autour d’eux, les autres maisons du village de Celles, dans l’Hérault, semblent tout aussi abandonnées et dans le même état.

Luna et Olivier viennent de signer avec la mairie de Celles un prêt à usage (1) d’une durée de trente-cinq ans – un mécanisme juridique qui garantit un modèle d’habitat non spéculatif. Ils ont été sélectionnés à l’issue d’un processus rigoureux, au cours duquel ils ont présenté leur projet de vie et d’activité professionnelle. La commune leur laisse choisir une habitation à rénover, à condition qu’ils y vivent à plein temps et y développent une activité économique – excluant le commerce et le tourisme. Au terme des trente-cinq ans, le logement sera proposé à d’autres personnes. Une partie des frais investis leur sera alors remboursée.

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