Almeria : la face cachée du potager de l'Europe

Almeria, surnommée la “mer de plastique”. (Crédit : Javier Fergo)

Publié par Noémie Lehouelleur  |  Mis à jour le

Dès 6 h 30 du matin, alors qu’il fait encore nuit, une trentaine de silhouettes anonymes repérables à leurs gilets fluorescents se poste autour du rond-point à l’entrée de la commune andalouse de San Isidro de Níjar. En plein cœur de ces 30 000 hectares de serres agricoles qui valent à la province d’Almeria son surnom de “mer de plastique”, ces ouvriers aux allures de lucioles attendent patiemment qu’une fourgonnette s’arrête et les embauche à la journée pour une trentaine d’euros, voire moins.

Mahamadou est arrivé en Andalousie voici deux mois et parait déjà désabusé : “C’est vraiment dur, il n’y a pas beaucoup de travail. Ce mois-ci, je n’ai travaillé que deux jours.” Ce jeune Malien est entré en Europe par la porte des Canaries, après une longue traversée sur l’Océan atlantique à bord d’une pirogue partie de Dakhla, au Sahara occidental. Il découvre aujourd’hui la face sombre de l’eldorado européen tant fantasmé. “Je suis seul ici, je ne connais personne et je ne sais pas comment cela fonctionne.” Sans papiers, il est délicat pour lui de prétendre au salaire minimum légal de 58,20  euros par jour.

Ce reportage a initialement été publié dans

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