Fleurs jaunes près d'un ruisseau entouré de verdure et d'arbres en arrière-plan.
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Et au milieu, coulait une rivière...

Pour préserver les cours d'eau français, encore faut-il qu'ils soient reconnus comme tels.

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Écrit par Emmanuelle Vibert

Un torrent dévale la pente. Un ru serpente à travers le pré. À l'évidence, cette eau fait éclore la vie alentour… Pourtant, elle n'a peut-être pas d'existence aux yeux de l'État. En effet, un quart des cours d'eau ne figure pas sur les cartes officielles. Depuis dix ans, militants, chercheurs et élus se battent pour cartographier ces ruisseaux, petits par leur taille mais essentiels à la biodiversité et aux cycles de l'eau. La source de cette bataille ? La Loi sur l'eau. Promulguée en 2006, elle vise notamment à protéger les milieux aquatiques. Elle y réglemente les constructions et les activités, et limite les prélèvements, les modifications du lit… Encore faut-il s'entendre sur la définition d'un cours d'eau concerné par la loi.

Jusqu'en 2015, celle-ci était f loue. Mais cette année-là, le gouvernement publie une directive. Désormais, pour être reconnu comme tel et donc protégé, un cours d'eau doit cocher trois cases : 1. un lit d'origine naturelle, 2. l'alimentation par une source, 3. un débit “suffisant une majeure partie de l'année”. La directive confie aux directions départementales des territoires (DDT) le soin d'établir une cartographie, en coopération éventuelle avec l'Office français de la biodiversité (OFB), les chambres d'agriculture et les agences de l'eau. Une guerre des cartes éclate alors. La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), principal syndicat agricole, qui a la haute main sur les chambres d'agriculture, tente de réduire au minimum l'inscription des rivières, jugeant inacceptables les contraintes de la Loi sur l'eau. Des défenseurs des rivières décident de ne pas laisser faire.”Nous sommes montés au créneau, raconte Claude Roustan, président de la Fédération de la pêche en France (FNPF). C'était inadmissible que les pêcheurs soient exclus de ce travail de cartographie, alors qu'il n'y a pas un chev

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