France : le palmarès WE DEMAIN des régions les plus « vertes »
Transition écologique : dans chaque région, des actions locales déjà tangibles, de la rénovation des logements au développement des énergies renouvelables, comme ici, l'éolien. - © Lars Johansson / stock.adobe.com
Publié le par Vincent Rondreux et Hervé Bouilly
ENQUÊTE EXCLUSIVE. Quelles sont les régions françaises les plus engagées dans la transition écologique ? Dix ans après l’Accord de Paris, WE DEMAIN dresse le palmarès des territoires qui montrent la voie, à travers 30 critères : émissions de gaz à effet de serre, gestion des déchets, production d’électricité, habitat, transports…
L’Union européenne n’y échappera pas. Bien que divisée et affaiblie sur les questions écologiques, elle doit parler d’une seule voix lors de la COP30 de Belém, comme elle le fait à chaque grand-messe climatique des Nations Unies. C’est elle, en effet, qui fixe la ligne directrice pour ses 27 États membres : aujourd’hui, 55 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990, demain pas moins de 90 % de réduction en 2040 pour être en ligne avec son objectif de neutralité carbone [Préconisation du Conseil scientifique consultatif européen sur le changement climatique : entre -90 et -95 %]. La France, elle, retranscrit ces objectifs dans son droit… avec deux ans de retard.
Enlisée dans les débats opposant nucléaire, éolien et solaire photovoltaïque, elle se contente d’appliquer par décret l’objectif 2030 fixé par l’UE à travers sa Programmation pluriannuelle de l’énergie 2025-2035 (PPE 3). Une feuille de route stratégique car elle doit permettre de réduire, dans la consommation énergétique finale du pays, la part des énergies fossiles – pétrole, gaz et charbon – de 60 % en 2023 à 42 % en 2030, puis à 30 % en 2035. L’objectif global étant d’abaisser les émissions de gaz à effet de serre d’environ 5 % chaque année. Comme ailleurs dans le monde, la méthode consiste à électrifier les usages, c’est-à-dire à remplacer largement les énergies fossiles par de l’électricité sobre en carbone, dans les transports, les bâtiments, l’industrie.
Les régions, pivots de la transition
Mais c’est bien au niveau des territoires que la transition écologique se concrétise ou qu’elle échoue, via l’engagement des citoyens, des élus locaux ou des entreprises, à travers une multitude d’actions : économies d’énergie, développement de l’éolien et du solaire, autoconsommation d’électricité, usage de voitures électriques et du vélo, agriculture biologique, rénovation thermique des bâtiments, économie circulaire, etc. C’est si vrai que les régions administratives sont devenues, depuis l’Accord de Paris, des maillons essentiels entre, d’un côté, la planification énergie-climat de l’État et ses incitations, et, de l’autre, les actions des métropoles et des intercommunalités qui ont mis en place des centaines de plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET) et plans alimentaires territoriaux (PAT).
Ce rôle pivot se matérialise notamment dans les schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet). Ces documents définissent des objectifs à moyen et à long terme, adaptés aux spécificités de chaque région. De nombreux domaines sont concernés comme la lutte contre l’artificialisation des sols, l’habitat, les énergies renouvelables, les transports en commun et l’intermodalité, la gestion des déchets, la protection de la biodiversité ou encore la lutte contre le changement climatique.
Quasiment toutes les régions ont fixé leur propre ambition de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La mise en place de COPs régionales depuis deux ans – des conférences de planification réunissant services de l’État, collectivités, entreprises et société civile – sous l’impulsion du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE), renforce encore ce rôle. Elles visent à identifier les leviers d’action les plus pertinents. Cette dynamique est maintenant complétée par l’introduction de “budgets verts”, un outil d’analyse des finances publiques locales qui doit pointer les dépenses territoriales favorables ou défavorables à la transition.
Des actions déjà signif
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