Assurément, le smartphone est un écran à part. Nomade, il accompagne les jeunes partout – dans leur chambre, à l’école, dans les transports, pendant les vacances. À la fois téléphone, appareil photo, console de jeux, téléviseur, réseau social, messagerie, encyclopédie et moyen de paiement, ce couteau suisse technologique est devenu une véritable prothèse numérique, un prolongement d’eux-mêmes. Selon le Baromètre 2025 établi par l’association e-Enfance, 26 % des enfants avouent qu’ils ne tiendraient pas plus d’une heure sans leur smartphone !
Ange gardien ou agent intrusif ?
Le premier smartphone ? Un rite de passage ! À l’instar, dans le monde d’hier, du vélo offert par les parents afin que leur enfant gagne en autonomie, le fait de posséder son propre téléphone représente un pas important vers l’émancipation. C’est aussi un levier puissant de sociabilité, en dehors du cercle familial, où le jeune se construit une identité propre. Maël, 15 ans, l’affirme sur le média en ligne La Zep : “Mon téléphone m’a donné confiance en moi. J’avais peur de m’exprimer en public ; là, je pouvais raconter des histoires, donner des rendez-vous, publier des vidéos sur Insta. Un matin, toute la classe est venue me féliciter après une vidéo sur une figure en trottinette freestyle.”
Pour un préado, ne pas posséder de smartphone revient à être partiellement exclu de la vie du groupe : les discussions et les invitations circulent désormais quasi exclusivement par voie numérique. Même si, paradoxe, la majorité des jeunes déteste les appels téléphoniques, le smartphone est un lien et un allié. Indispensable aux jeunes, le smartphone rassure aussi leurs parents en simplifiant la logistique familiale.
Le smartphone, filet de sécurité des enfants
Pour la plupart, l’achat du premier smartphone répond d’abord à une préoccupation simple : pouvoir joindre son enfant. Il constitue un filet de sécurité dans un monde vécu comme anxiogène par de nombreux parents, et pas seulement les surprotecteurs – les “parents hélicoptères” comme les surnomment les sociologues. Un monde si anxiogène que certains mettent sous surveillance le smartphone de leurs enfants. Logiciel espion, géolocalisation : selon une enquête de l’Union nationale des associations familiales (Unaf) et de l’Observatoire de l’éducation numérique, près d’un père ou d’u