Politique

Damien Carême : "La révolution peut se faire par la volonté commune des villes"

Chômage, migrants, urgence écologique… Sa ville doit affronter tous ces enjeux. Alors, le maire de Grande-Synthe multiplie les actions, et ça marche ! Son projet, la "social-écologie", est-il la solution pour la France ?

Par Antoine Lannuzel I Publié le 19 Novembre 2018


Maire de Grande-Synthe depuis 2001, Damien Carême ne sera pas candidat à sa réélection en 2020. Peut-être siègera-t-il à Bruxelles, où il brigue un siège de député européen. (Crédit : Éric Bouvet)
Maire de Grande-Synthe depuis 2001, Damien Carême ne sera pas candidat à sa réélection en 2020. Peut-être siègera-t-il à Bruxelles, où il brigue un siège de député européen. (Crédit : Éric Bouvet)
Retrouvez l'interview en intégralité dans We Demain n° 24
 
  • Jardins partagés, cantines bio, logements sociaux basse consommation, échanges entre particuliers… La liste de vos réalisations est longue. Quels sont vos prochains projets ?

Nous allons construire un centre de santé avec la norme Cradle to cradle [la norme environnementale la plus exigeante, ndlr]. Nous sommes arrivés à ce que 83 % de matériaux puissent être d’origine naturelle et repartir à la nature sans traitement. Je souhaite que cela soit reproductible et nous allons prouver que c’est possible. En tant que maire, j’entre dans un niveau de détail d’ingénierie important parce que cela m’intéresse. Par exemple, comment faire des murs en pisé ? À Boulogne-sur-Mer, à 60 km, une société nous fournit l’argile pour les fabriquer. Nous exploitons un gisement local et cela fait baisser le bilan carbone des bâtiments. J’aime réfléchir de cette façon, cela donne une puissance et un sens aux politiques qu’on mène.

Côté énergies renouvelables, nous aurons un champ d’éoliennes de 500 mégawatts, je l’espère, au large de Dunkerque, pour lequel nous attendons la réponse de l’État fin 2018, début 2019. Sur notre territoire, nous utilisons des cellules photovoltaïques, l’équivalent de 11 watts par habitant, ce qui est déjà pas mal. Au niveau de la communauté urbaine [dont il est le vice-président chargé de l’énergie, ndlr], je suis en train de créer un groupement de coopération pour permettre aux habitants, avec les villes et les bailleurs sociaux, de faire de l’achat groupé de matériels d’installation et de revente d’énergie solaire. Cela permet d’associer les citoyens à la démarche, en mettant à disposition nos toitures – écoles, stades, salles de spectacle… – et celles des immeubles. Ensuite, nous irons chercher la géothermie. La chaleur de l’usine Arcelor va aussi alimenter un deuxième réseau de chaleur sur l’agglomération.












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