Elle nous reçoit dans son bureau à Paris fin octobre, quelques heures seulement avant l’annonce du reconfinement. Une épreuve de plus dans une année tourmentée, qui, Maud Caubet en est persuadée, va changer notre manière de concevoir les villes.
“Une ville qui fonctionne bien est une ville durable, capable de rebondir de ces crises”, assure-t-elle. La clé ? Des bâtiments qui peuvent “s’adapter”, “intégrer différents usages dans le temps sans avoir à tout démolir”.
Son regard sur le futur Paris
En 2017, l’architecte remporte deux sites de l’appel à projets Inventons la Métropole du Grand Paris : les Lumières Pleyel à Saint-Denis, et le Marché à la ferraille à Bagnolet.
Le premier projet, porté en collaboration avec six autres architectes, propose de revitaliser un quartier de Saint-Denis, ville située au nord de Paris dont la population a progressé de plus de 29 % entre 1999 et 2016. Le bâti mixte, mêlant logements et bureaux, s’articulera autour d’un grand parc, véritable “poumon naturel” au milieu d’une zone très minérale.
Le second, localisé à côté du boulevard périphérique, pose la question de construire, et vivre, dans un environnement appelé à muter dans les prochaines années.
Construire après l’épidémie
Outre la densité, deux autres données à prendre en compte sont le besoin de nature et d’accès à l’extérieur des citadins, remis sur le devant de la scène par le confinement de 2020.
Bien qu’imaginé avant le Covid-19, son projet Origine prévu à Nanterre pour 2021 prend en compte ce besoin de végétalisation. Le quartier intégrera des “petites bulles” de verdure, comme des patios en rez-de-jardin et des terrasses suspendues.
Pour l’architecte, chaque appartement doit être muni d’un espace extérieur, qu’il soit privé, comme un jardin ou une terrasse, ou collectif. On peut aussi, indique-t-elle, imaginer, au sein d’un immeuble, des étages intermédiaires dédiés au télétravail. “Le confinement va nous obliger à penser des espaces extérieurs, conclut Maud Caubet. Du moins introduire la lumière naturelle, le végétal, des jardins partagés… par forcément pour être autonome sur le plan alimentaire, mais pour sortir de chez soi et passer dix minutes dehors.”