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OUI DEMAIN : “Ne pas vouloir changer le monde, mais le transformer à son échelle”

Jérôme Cohen, fondateur de l’organisation Engage, était l’invité de la huitième masterclass OUI DEMAIN, animée par WE DEMAIN pour les étudiants du groupe OMNES Education (anciennement INSEEC U.). Avec pour thème : “Comment construire un futur désirable ?”

Le 23/11/2021 par Sofia Colla
OUI DEMAIN Jérôme Cohen : changer le monde ?
Jérôme Cohen, fondateur de l’organisation Engage, était l’invité de la huitième masterclass OUI DEMAIN.
Jérôme Cohen, fondateur de l’organisation Engage, était l’invité de la huitième masterclass OUI DEMAIN.

Contribuer à résoudre les grands défis du XXIe siècle, plutôt que de changer le monde. C’est le challenge que s’est lancé Jérôme Cohen, fondateur de l’organisation Engage et de la compagnie Point de Bascule. Il était l’invité de la dernière masterclass OUI DEMAIN de ce semestre, animée par WE DEMAIN pour les étudiants du groupe OMNES Education (anciennement INSEEC U.). 

Jérôme Cohen a travaillé dans le secteur du pétrole, en tant que conseiller en stratégie ou encore comme directeur du Women’s Forum… Suite à ces expériences, il décide de créer sa propre entreprise. Une organisation hybride. Engage réunit en effet une université, une ONG, une entreprise ainsi qu’un lieu. Son objectif : aider les citoyens et les salariés à s’emparer des grands défis du siècle (écologiques, démocratiques, technologiques…).

“Après avoir travaillé pendant presque 10 ans avec des leaders d’opinion, politique ou économique, je me suis dit que la solution ne viendrait pas nécessairement ou uniquement d’eux. Et je me suis aussi lassé de travailler avec de grands patrons ou des dirigeants politiques qui, je trouve, n’avaient pas la bonne vision ou n’osaient pas aller dans la bonne direction. Je sentais donc une nécessité de faire remonter cette énergie, cette vision, des citoyens”, explique-t-il. 

C’est ainsi qu’est né Engage. Avec “une approche plus ascendante, même si elle n’exclut pas de travailler avec certains dirigeants”, souligne Jérôme Cohen. 

Inventer le futur de manière joyeuse plutôt que chercher à changer le monde

“Je trouve que ceux qui mettent la pression, ce sont les salariés”, commente-t-il. “Ce n’est pas forcément une question d’âge. Même si majoritairement je trouve que les jeunes sont beaucoup plus engagés et beaucoup plus fermes sur ces sujets. La quête de sens, cette volonté de transformation, évolue extrêmement vite. Et je pense qu’une entreprise qui ne fait pas évoluer ces choses là dans sa gouvernance, dans son business modèle, dans son champ d’action, à mes yeux, est morte dans 10 ans. Une partie de la mission d’Engage est notamment de former les citoyens et les salariés à l’acquisition de savoir-faire et de compétences “indispensable aujourd’hui”. Comme l’intelligence collective, la créativité ou encore l’art oratoire. 

“Après il ne faut pas mettre toute la responsabilité sur la jeune génération. Parce qu’elle va arriver aux manettes dans 20 ans. Donc, s’il n’y a pas eu d’évolution par ceux qui y sont déjà aujourd’hui, il sera bien trop tard”, alerte l’entrepreneur. 

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Selon lui, cette transformation est en court. Et c’est à chacun d’y participer, sans se “mettre trop de pression” en se disant qu’il va changer le monde. Ce qui ne peut amener “que de la déception“. C’est un processus qu’il faut mettre en place de manière joyeuse, selon lui. “Prendre soin de soi c’est aussi fondamental dans ce parcours-là”, insiste Jérôme Cohen.

“Forcément la société telle qu’on la connaît vit ses derniers mois, ses dernières années. Et il y a quelque chose d’autre qui va se réinventer. Il faut justement essayer d’inventer cette future société, ce futur cadre de notre vie, de façon joyeuse. C’est le récit positif qui nous manque aujourd’hui.”

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