Téléphone avec applications de transport devant une ville illuminée au crépuscule, tour en arrière-plan.

Pourquoi (et comment) la Corée du Sud résiste aux géants américains du numérique

À Séoul, le téléphone ne ressemble pas tout à fait à celui d’un Français. Pour écrire à ses proches, le réflexe n’est pas WhatsApp mais KakaoTalk. Pour chercher une adresse, Naver Map et KakaoMap restent incontournables. Pour appeler un taxi, Kakao T. Pour commander son dîner, Baemin ou Coupang Eats plutôt que Deliveroo et Uber Eats. Et pour faire ses courses en ligne, Coupang ou Naver Shopping prennent la place qu’occupe Amazon dans de nombreux pays occidentaux. Une grande partie des gestes numériques du quotidien passe encore par des entreprises nées en Corée du Sud.

Le contraste avec la France est frappant. La Corée du Sud n’a pourtant pas construit un Internet fermé comme la Chine de Xi Jingping a pu le faire : Google, Meta, Apple ou Uber y sont bien présents. Elle a simplement réussi à faire émerger assez tôt des champions locaux suffisamment puissants pour s’imposer sur plusieurs usages de masse. Une forme de souveraineté numérique par l’usage, sinon toujours par le capital.

Kakao, le couteau suisse du quotidien

Écran de smartphone affichant le logo Kakao avec un personnage cartoon sur fond jaune.
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Le meilleur symbole de cette exception s’appelle KakaoTalk. Lancée dès mars 2010, l’application a accompagné l’explosion du smartphone. En décembre de la même année, alors que la Corée du Sud ne comptait que 7,1 millions d’utilisateurs de smartphones, KakaoTalk revendiquai

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