2008. La crise économique frappe le Portugal de plein fouet. Un jeune artiste lisboète nommé Bordalo II, né en 1987 et venu du graffiti, prend l’habitude d’arpenter les friches, témoins du désastre. “Tellement d’usines faisaient faillite, tellement d’entreprises s’effondraient, raconte–t-il À WE DEMAIN. Beaucoup de gens allaient dans ces usines vides pour voler le métal. Les bâtiments étaient nus, n’en restaient que les structures. J’ai commencé à explorer ces lieux et cela m’a paru un parfait terrain de jeu.”
Il a alors l’idée de collecter les objets et les matériaux au rebut pour les assembler et en faire de vastes trompes-l’œil en trois dimensions. Il choisit de faire surgir des animaux. Impressionnantes de dextérité, ses installations tiennent du jeu d’accumulation et d’illusion à la Arcimboldo, mais dans un univers ultra-contemporain : celui de la surconsommation de masse.