Pendant dix ans, +1,5 °C a été la ligne à ne pas franchir. L’objectif autour duquel se sont structurées les négociations climatiques, les trajectoires de décarbonation et une bonne partie du débat public depuis l’accord de Paris en 2015. Le nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Limiting Overshoot : Navigating exceedance of 1.5°C and pathways towards return, acte un changement d’époque : malgré les progrès réalisés, les émissions mondiales n’ont pas diminué assez vite. Le réchauffement provoqué par l’activité humaine, qui approche désormais +1,4 °C par rapport à l’ère préindustrielle, devrait franchir +1,5 °C dans les prochaines années.
Une précision s'impose. En 2024, la température moyenne mondiale a déjà dépassé +1,5 °C sur une année entière – une première, annoncée par le service européen Copernicus en janvier 2025. Mais l'objectif climatique ne se mesure pas sur douze mois : le dépassement, ou overshoot, correspond à un réchauffement moyen installé sur plusieurs décennies. L'objectif reste d'ailleurs juridiquement vivant : le PNUE rappelle que ce seuil multi-décennal de 1,5 °C a été confirmé par la Cour internationale de justice et adossé à une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies. Ce que le rapport acte est autre chose : toutes les projections centrales du PNUE voient désormais le réchauffement franchir durablement +1,5 °C.
Même le scénario optimiste atteint +1,8 °C
Le constat est d’autant plus sévère que les engagements actuels des États ne permettent pas de rester à proximité immédiate de +1,5 °C. Avec