J'ai testé le vélomobile

Secousses garanties : le moindre caillou résonne sous les roues du bolide en tôle. - © Philippe Levy / WE DEMAIN

Publié le par Guillaume d'Alessandro

À ce moment précis, je ne sais pas qui je déteste le plus : les Hollandais ou les ingénieurs des Ponts et Chaussées ! Cela fait maintenant une bonne heure que je pilote mon vélomobile sur les rives de la Loire. La conduite est étonnamment instinctive, dès la prise en main. Bien sûr, il m’a fallu quelques contorsions pour me glisser dans l’habitacle, mais Olivier Cresson était là pour prévenir toute chute. Cet ancien professeur des sciences de l’ingénieur est président de l’Association française du vélo couché. Au premier virage, je m’embourbe dans la gadoue. “Où se trouve la marche arrière ?” demandai-je, angoissé, à Olivier. “Il n’y en a pas !” répond-il, flegmatique.

Je comprends alors pourquoi cet engin ne possède pas de plancher. Je plante mes talons dans la terre détrempée, et m’arrache d’un coup sec de cette flaque de boue. Enfin, la route est à moi. La position est vraiment confortable, le dos parfaitement enveloppé par un siège baquet. Les jambes trouvent tout naturellement la position du pédalier. “Une chaise longue à roulettes”, souligne Cresson. “Surtout, les hommes comme les femmes n’ont pas besoin de se graisser le c*l avec de la pommade, pour éviter les frictions et les irritations qui finissent par être douloureuses lors des longues randonnées à vélo classique”, explique Pierre-le-Poète qui passait par là.

Et il y a des freins !

Le vélomobile est composé de fines tôles d’aluminium qui le font ressembler à un obus. Il repose sur un châssis à trois roues qui assure une stabilité parfaite, bien supérieure à celle d’un vélo debout. Pas besoin d’apprentissage de l’équilibre pour le conduire avec aisance. Il entre dans la catégorie des trikles (tricycle). Soit les vélos couchés carénés. Et il y a des freins !

Je file avec entrain sur un chemin de graviers. Le plus surprenant est le bruit dans l’habitacle. Le moindre caillou, le plus petit nid-de-poule entre tout de suite en résonnance avec l’enveloppe métallique. Et la position au ras du sol, par son manque de visibilité, ne permet pas d’anticiper les obstacles. Mais qu’importe. Je fonce jusqu’à atteindre la portion bitumée de la route. Et là, je m’envole. Le terrain est plat, j’appuie tranquillement sur les pédales.

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