Anomalies mensuelles de température dépassant + 1,5 °C sur près de deux ans… Cortège de canicules, sécheresses, inondations et autres désolations… Émissions de gaz à effet de serre toujours en hausse… Accélération record de la concentration atmosphérique en CO2… Niveau inédit de méthane. Dix ans après la COP21 de Paris et son accord historique sur le climat, la COP30 sera-t-elle celle qui, entre les 11 et 21 novembre prochains, à Belém (Brésil), reconnaîtra que le + 1,5 °C est hors de portée, comme le rapportent les scientifiques ? C’est possible.
Au rythme actuel des émissions, cet objectif deviendra mathématiquement caduc dans trois ans, tandis que l’action mondiale demeure insuffisante et le contexte géopolitique très défavorable. Mais un tel aveu reste politiquement risqué tant l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris représente un totem depuis dix ans, notamment pour les pays immédiatement menacés : petits États insulaires, régions très vulnérables, souvent pauvres.