“Les Gardiens de la planète”, ce n’est pas le dernier Marvel, mais le nom du collectif de scientifiques qui ont popularisé le premier bilan de santé planétaire établi par le Stockholm Resilience Center (Suède) et l’Institut de Potsdam (Allemagne). À la pointe des études sur le système Terre, ces équipes internationales ont fait le check-up des neuf systèmes planétaires nécessaires à la stabilité terrestre et à la survie de la civilisation humaine – climat, biodiversité, forêts et sols, eau douce, océans, cycles de l’azote et du phosphore, pollutions, aérosols, couche d’ozone – et ont déterminé les seuils au-delà desquels ils sont déstabilisés.
Le verdict ? Six de ces neuf limites sont déjà franchies. Johan Rockström précise : “Nous disposons de quantifications scientifiques des limites de sécurité et utilisons de nouvelles technologies d’observation – drones, satellites géocroiseurs, modes de calcul intégrant l’IA – [qui confirment] un état critique. Nous traversons une crise sanitaire planétaire sans précédent.” Dans une conférence TED (Technology, Entertainment and Design) visionnée plus de 1,4 million de fois, il martèle : “En dépit des alertes, la planète est dans un état plus préoccupant que prévu. Des changements brusques dépassent désormais les prévisions scientifiques.”