Xavier Caihol : “En montagne, il faut faire le deuil de certains itinéraires et réinventer nos imaginaires”
Xavier Caihol, glaciologue, travaille comme doctorant sur le sujet des glaciers suspendus. Crédit : Corentin Gonzalez.
Face à des parois qui s’effritent et des repères qui vacillent, le glaciologue et guide de haute montagne Xavier Caihol invite à réinventer notre rapport à l’alpinisme. Entretien.
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Ils fondent, s’effondrent, s’évanouissent. Les glaciers, longtemps perçus comme des colosses immuables, vivent aujourd’hui leur crépuscule. D’année en année, les glaciers reculent, emportant avec eux bien plus que des paysages de montagne : une stabilité climatique, une ressource en eau vitale pour deux milliards d’humains, un équilibre fragile entre les écosystèmes, l’agriculture et les sociétés. D’après un rapport alarmant de l’Unesco publié le 21 mars 2025, deux tiers de l’agriculture irriguée mondiale sont menacés par le retrait glaciaire. Dans les Andes, jusqu’à la moitié des glaciers ont fondu depuis 1998. En Afrique de l’Est, c’est 80 % qui ont disparu.
Et en Europe, les En seulement vingt-cinq ans, les Alpes et les Pyrénées ont vu fondre 40 % de leur masse glaciaire. Cette disparition accélère la formation d’avalanches, libère du méthane emprisonné dans les sols gelés, et transforme les glaciers — jadis miroirs réfléchissants du rayonnement solaire — en surfaces sombres qui aggravent le réchauffement.
Une nécessaire adaptation de l’alpinisme face aux effets réchauffement climatique
En première ligne de ces bouleversements, les alpinistes n’ont pas attendu les rapports scientifiques pour tirer la sonnette d’alarme. Depuis deux décennies, ils réinventent leur pratique, confrontés à des terrains instables, des chutes de pierre imprévisibles et des itinéraires devenus impraticables. C’est tout l’objet des recherches de Xavier Caihol, géographe et guide de haute montagne, qui consacre sa thèse aux glaciers suspendus, ces monstres de glace en équ
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