En pleine révolution de l’intelligence artificielle, deux noms dominent à l’arrière-plan de la scène technologique et géopolitique : Nvidia et TSMC. La première, multinationale, conçoit les puces les plus convoitées du moment ; la seconde, société, les grave avec une précision que nul ne parvient pour l’instant à égaler. Ensemble, elles forment une véritable “dynastie du silicium”, dont dépendent des pans entiers de l’économie mondiale, des supercalculateurs militaires aux services d’IA grand public.
Cette hégémonie repose sur deux hommes séparés par une génération mais unis par un même ancrage américano-taïwanais : Jensen Huang, patron charismatique de Nvidia, et Morris Chang, 94 ans, fondateur de TSMC, pour Taïwan Semiconductor Manufacturing Company, et considéré comme un père spirituel de l’industrie nationale. Loin de s’opposer, ils incarnent une continuité stratégique. Chang a fait du semi-conducteur taïwanais un bouclier géopolitique pour un petit État menacé ; Huang en fait aujourd’hui le moteur de la nouvelle ruée mondiale vers l’intelligence artificielle.