Le document est sorti dans une relative discrétion fin avril, au tout début de la saison haute pour les chantiers de construction en Europe. Publié par la Commission économique des Nations unies pour l'Europe (CEE-ONU), Forest Tracks 2025/2026 rassemble les rapports remis par seize pays à la 83ᵉ session du Comité des forêts, réunie à Genève en novembre dernier. L'Arménie, l'Autriche, Chypre, la Tchéquie, l'Estonie, la Finlande, l'Allemagne, l'Irlande, la République kirghize, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Slovénie, la Suède, l'Ukraine et le Royaume-Uni y dressent l'état de leur filière. Sur le papier, un exercice technique, presque comptable. Dans les faits, un panorama qui raconte une même histoire d'un bout à l'autre du continent. L'industrie du bois bascule d'un modèle centré sur l'extraction vers un modèle où la valeur se joue dans l'innovation, la transformation et la séquestration carbone.
Quelle grande tendance se dégage ? Le ton change. Auparavant, ces rapports et sessions permettaient surtout de dégager des statistiques de production. Aujourd'hui, on y lit des stratégies nationales d'adaptation des forêts au climat, des systèmes de traçabilité dignes d'une filière agroalimentaire et des politiques fiscales conçues pour orienter la construction. La forêt n'est plus un stock. Elle devient une infrastructure.