Centrale nucléaire avec quatre tours de refroidissement et vapeur, entourée de verdure et ciel bleu.
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Nucléaire : le grand tabou qui fait disjoncter la transition

La centrale nucléaire du Bugey, dans l'Ain.

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Publié le

En bref

Résumé réalisé avec l’IA, validé par WE DEMAIN.

  • La surproduction électrique française résulte d’une consommation surestimée et du maintien artificiel d’une production nucléaire élevée.
  • Le refus de fermer certains réacteurs pousse la France à ralentir les renouvelables ou à stimuler artificiellement la demande d’électricité.
  • Les six EPR2 ne suffiront pas à compenser les fermetures du parc actuel et risquent d’arriver trop tard face à "l’effet falaise".
  • Les investissements dans les EPR2 pourraient détourner près de 100 milliards d’euros de la rénovation thermique, des mobilités électriques et de l’industrie.

WE DEMAIN : RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, constate une surproduction électrique française dans son bilan prévisionnel 2025. Comment l'expliquez-vous ?

Yves Marignac. C'est le résultat de l'incohérence. D'un côté, on a gonflé les projections sur la consommation, de l'autre on soutient artificiellement un niveau élevé de production. D'où cet excédent d'électricité, au moins pour quelques années. L'origine de tout cela, c'est le discours du président de la République en 2022, à Belfort. Emmanuel Macron a changé du jour au lendemain la feuille de route du gouvernement, sans concertation ni évaluation : prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel de quarante à soixante ans, construire six nouveaux réacteurs EPR2(1), développer en même temps les renouvelables, et mettre en face une trajectoire d'abondance électrique. Depuis, nous nous sommes juste heurtés à la réalité économique, par exemple dans l'automobile, en misant sur de gros SUV électriques, qui peinent à se vendre, plutôt que sur de petits modèles.

À négaWatt, nous avions pointé ce risque. Pour nous, l'électrification ne pourra être un succès que si la sobriété et l'efficacité énergétiques réduisent les besoins en électricité pour chaque usage au profit d'un plus grand nombre d'usages avec une électricité décarbonée. Et ce, en maintenant les coûts sous contrôle. Aujourd'hui, puisqu'on refuse la fermeture ou la mise sous cocon de réacteurs, il ne reste que deux "solutions" : pousser à tout prix la consommation d'électricité, ou bien ralentir les renouvelables. Cette dernière solution, vers laquelle on semble se diriger, serait un contresens historique par rapport à nos besoins à long terme et à l'évolution mondiale en faveur des renouvelables. Si l'on ne veut pas rater ce virage, il v

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