Deux personnes enlacées, l'une regardant fixement, sur fond noir, ambiance intime et mystérieuse.
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La guerre de sexcession est déclarée

Entre défiance, repli identitaire et nouvelles aspirations, les relations entre femmes et hommes semblent entrer dans une zone de turbulences durable.

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Publié le

En bref

  • La “sexcession” désigne une séparation croissante entre les sexes, nourrie par la défiance, les inégalités persistantes et la radicalisation politique.
  • Depuis les années 2010, les valeurs des jeunes hommes et des jeunes femmes tendent à diverger, notamment sous l’effet du masculinisme et des mouvements de désertion féministe.
  • L’augmentation du célibat, le recul des rapports sexuels et la disparition du désir témoignent d’un rapport plus difficile au couple et à l’altérité.
  • Les réseaux sociaux et les applications de rencontres renforcent l’entre-soi, la comparaison permanente et la mise en récit du ressentiment.
  • Vincent Cocquebert appelle à construire une nouvelle “syntaxe relationnelle”, postpatriarcale et postindividualiste, fondée sur une égalité concrète et coopérative.

Un bouleversement anthropologique est en cours. Une forme de séparatisme qui passe encore inaperçue, bien qu'elle se traduise déjà de façon très concrète, notamment aux États-Unis."Des études révèlent que 63 % des hommes de moins de 30 ans y sont aujourd'hui célibataires, et que d'ici 2030, 45 % des femmes âgées de 25 à 44 ans le seront également, sans enfant", prévient l'essayiste Vincent Cocquebert, auteur de La Guerre de sex-cession. Un livre très documenté dans lequel il décrypte une défiance croissante entre les deux sexes qui se manifeste par une tendance à ne plus vouloir vivre ensemble.

“Un tournant a eu lieu aux alentours de 2010”, explique-t-il. Les études sociologiques réalisées depuis les années 1970 montraient jusqu'alors une convergence des valeurs entre hommes et femmes, ces dernières appréciant que le sexe opposé devienne de plus en plus progressiste et moins machiste. Mais la crise financière a provoqué en quelque sorte une nouvelle mise en concurrence, conduisant les hommes à se sentir déclassés tandis que les femmes se heurtaient aux limites des promesses d'égalité. On assiste depuis à un repli identitaire, particulièrement chez les jeunes."

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