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Imitons la nature ! L'industrie française au défi du biomimétisme

À lire dans la revue.

Par I Publié le 8 Septembre 2016

Aujourd’hui distancé, notre pays est enfin prêt à se donner les moyens de chercher dans l’observation de la nature et du vivant les secrets des inventions de demain. Un rapport du Conseil économique et social et l’ouverture à senlis d’un Centre d’excellence européen en témoignent.


Le poisson-coffre vit dans les eaux coralliennes. Il doit sa vitesse à sa forme cubique, qui lui donne un hydrodynamisme parfait. Des ingénieurs français s'en inspirent aujourd'hui pour améliorer l'aérodynamisme de leurs modèles et copient sa cuirasse, qui allie robustesse et légèreté. (Crédit : Robert Clark)
Le poisson-coffre vit dans les eaux coralliennes. Il doit sa vitesse à sa forme cubique, qui lui donne un hydrodynamisme parfait. Des ingénieurs français s'en inspirent aujourd'hui pour améliorer l'aérodynamisme de leurs modèles et copient sa cuirasse, qui allie robustesse et légèreté. (Crédit : Robert Clark)
En Chine, l’impératrice Leizu prend le thé sous un mûrier, lorsqu’une larve tombe dans sa tasse. Son attention se porte sur la qualité exceptionnelle des fils produits par cette larve, dont le tissage demeurera, pendant des siècles, un secret jalousement gardé. Nous sommes au XVIIe siècle avant Jésus-Christ, le biomimétisme est né : cette démarche qui consiste, pour l’homme, à observer la nature – animaux, végétaux, systèmes biologiques – et à s’en inspirer pour innover, améliorer sa condition, ses productions.

À l’heure du développement durable et des technologies de pointe, nanotechnologies en tête, le biomimétisme trouve une nouvelle jeunesse. Les États-Unis et la Chine dominent au niveau international : ils produisent 25 et 23 % des publications sur la recherche bio-inspirée, devant l’Allemagne et la Grande-Bretagne (7 %), la France ne venant qu’en cinquième position (5 %).

L’Europe, qui semble le cadre le plus approprié aux grands enjeux industriels, a commencé à s’en préoccuper. La Commission européenne a lancé un "Plan d’action en faveur de l’éco-innovation" ainsi qu’un Observatoire de l’éco-innovation (OEI), qui place la France au huitième rang dans ce domaine. Ils soulignent que les entreprises souffrent, en la matière, d’un manque de financement et d’accès aux subventions. Un réseau européen, European Biomimicry Alliance, s’est constitué sur le modèle de ce qui existe depuis dix ans aux États-Unis.

Hélice, parachute et planeur

Pour tenter de combler le retard français, le gouvernement a commandé au Conseil économique, social et environnemental (CESE) un rapport sur le biomimétisme. Paru en octobre, il explore ses domaines d’application actuels, potentiels, et identifie des leviers de développement. Avec un mot d’ordre : "S’inspirer de la nature pour innover durablement."

Sous la direction de Patricia Ricard, présidente de l’Institut océanographique Paul Ricard, le rapport rappelle que le biomimétisme est une vieille histoire. Dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules, Jules César explique comment la carapace de la tortue a inspiré la formation de ses légions en tortue : les boucliers forment un dôme qui permet aux soldats d’avancer sans craindre l’ennemi.

Mille cinq cents ans plus tard, à partir de l’observation des oiseaux, Léonard de Vinci conçoit ses projets d’hélice, de parachute ou de planeur. Au tournant du XXe siècle, Clément Ader s’inspire des ailes de la chauve-souris pour réaliser son avion, et Gustave Eiffel de l’observation d’une coupe sagittale de fémur pour concevoir la structure métallique de sa tour.





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