Février 2025, Kazakhstan. Des satellites détectent une fuite de méthane dans une installation de stockage de gaz : 6,9 tonnes s'échappent toutes les heures, l'équivalent en CO2 des émissions de cent trente voitures pendant un an. Alerté, l'exploitant change une section usée de pipeline. En Algérie, c'est une fuite suintant depuis des années sur un grand champ pétrolier qui a été stoppée en 2024, après différentes notifications. Ce sont 27 500 tonnes annuelles qui sont désormais évitées, l'impact climatique de 500 000 voitures…
En publiant de telles études de cas, l'Observatoire international des émissions de méthane (Imeo) du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) démontre l'efficacité de son système d'alerte et d'intervention M.A.R.S. (Methane Alert and Response System). Lancé fin 2022, il peut, en effet, aider gouvernements et entreprises à réduire rapidement leurs émissions de méthane issues de l'exploitation des énergies fossiles, voire des décharges, avec des données mesurées bien plus précises que les traditionnelles estimations. À l'heure où le réchauffement planétaire tutoie la barre de +1,5 °C, l'enjeu est de taille : atténuer la hausse de la température moyenne de l'ordre de 0,2 °C à l'horizon 2050. Selon les experts du Global Carbon Project, c'est en effet ce que pourrait permettre le respect de l'engagement mondial sur le méthane (Global Methane Pledge), lancé en 2021.