Méthane : la chasse est ouverte !
Image satellite d'une fuite de mtéhane à Oman, identifiée par satellite grâce au programme M.A.R.S. de l'ONU.
Une aubaine : la baisse drastique des émissions de méthane issues des énergies fossiles permettrait d'atténuer rapidement le réchauffement climatique. Si des pays et producteurs traînent des pieds et sous-estiment leurs émissions, les satellites les surveillent de mieux en mieux.
Publié le
Écrit par Vincent Rondreux (Journaliste)
En bref
- Le méthane réchauffe 80 fois plus que le CO2 sur vingt ans, mais reste moins longtemps dans l’atmosphère.
- Le système M.A.R.S. du PNUE permet de détecter par satellite des fuites et d’alerter États et industriels.
- Selon l’AIE, 70 % des émissions de méthane du secteur fossile pourraient être évitées avec les technologies existantes.
Février 2025, Kazakhstan. Des satellites détectent une fuite de méthane dans une installation de stockage de gaz : 6,9 tonnes s'échappent toutes les heures, l'équivalent en CO2 des émissions de cent trente voitures pendant un an. Alerté, l'exploitant change une section usée de pipeline. En Algérie, c'est une fuite suintant depuis des années sur un grand champ pétrolier qui a été stoppée en 2024, après différentes notifications. Ce sont 27 500 tonnes annuelles qui sont désormais évitées, l'impact climatique de 500 000 voitures…
En publiant de telles études de cas, l'Observatoire international des émissions de méthane (Imeo) du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) démontre l'efficacité de son système d'alerte et d'intervention M.A.R.S. (Methane Alert and Response System). Lancé fin 2022, il peut, en effet, aider gouvernements et entreprises à réduire rapidement leurs émissions de méthane issues de l'exploitation des énergies fossiles, voire des décharges, avec des données mesurées bien plus précises que les traditionnelles estimations. À l'heure où le réchauffement planétaire tutoie la barre de +1,5 °C, l'enjeu est de taille : atténuer la hausse de la température moyenne de l'ordre de 0,2 °C à l'horizon 2050. Selon les experts du Global Carbon Project, c'est en effet ce que pourrait permettre le respect de l'engagement mondial sur le méthane (Global Methane Pledge), lancé en 2021.
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