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Planète

Stop aux pesticides ! L'appel de Fabrice Nicolino

Par Fabrice Nicolino I Publié le 11 Septembre 2018

Au milieu de l’été, le journaliste de Charlie Hebdo, spécialiste des questions écologiques, nous a fait part de son appel contre les pesticides qui sera lancé le 12 septembre. Nous n’avons pu qu’y souscrire, et vous le faire partager.

Il sera suivi de la parution d'un livre et de l'organisation d'un événement les 15 et 16 septembre à la Fondation Good Planet.


(Crédit : Shutterstock)
(Crédit : Shutterstock)
Je suis monstrueusement malheureux. En 2007, avec François Veillerette [directeur de l’ONG Générations Futures, ndlr], nous avons publié chez Fayard un livre qui a été lu (Pesticides, révélations sur un scandale français, 2007).

Nous pensions avec naïveté que nommer le crime suffirait à la faire disparaître. Ou presque. La suite nous a été cruelle. Nous avons connu la farce du Grenelle – l’annonce d’une réduction de 50 % des pesticides, suivie peu après des mots : « Si c’est possible » – ainsi que la création d’un plan coûteux, Écophyto, qui loin d’entraver le monstre, lui aura permis d’augmenter les tonnages épandus de 22 %.

Créer des milliers d'événements

Les discussions oiseuses sur le glyphosate ou les néonicotinoïdes n’auront pas masqué l’essentiel : quand une molécule est par extraordinaire chassée, d’autres, peut-être plus dangereuses encore, comme les SDHI [fongicides que les scientifiques soupçonnent de modifier l’ADN des humains, entraînant de nombreuses maladies, ndlr], sont déjà dans la place. À la fin de l’année 2017, j’étais chaud bouillant, me demandant quoi faire qui ne serait pas ridicule. Fallait-il accepter un monde de malades de Parkinson, sans oiseaux, sans abeilles, sans papillons, sans fleurs sauvages ? J’ai pensé que non.

J’ai convaincu l’équipe de Charlie, mon journal, de se lancer. Il me semblait qu’un lieu à ce point marqué par la mort devait se tourner vers la vie et la beauté du monde. Quinze d’entre nous – dont Riss – ont accepté de livrer 100 mg de cheveux à un laboratoire spécialisé, à la recherche de pesticides. Chacun en avait entre 35 et 50 différents, certains nous reliant au DDT, interdit en France depuis près d’un demi-siècle.

J’ai embarqué ensuite François Veillerette et son association, Générations Futures, réuni une quinzaine de bénévoles, et nous avons rédigé un Appel pour l’interdiction de tous les pesticides, dont le titre dit tout : « Nous voulons des coquelicots ».

Il sera publié par Charlie le 12 septembre. Nous avons un site (nousvoulonsdescoquelicots.org ), un magnifique coquelicot en tissu, qu’on pourra arborer à la boutonnière, nous aurons un livre-manifeste, qui paraîtra chez Les Liens qui Libèrent en même temps que l’Appel, et pour le reste, cela appartient à la société. Ou elle réagit, rejoint l’Appel – nous espérons réunir en deux ans cinq millions de soutiens au moins –, crée, un à un, des milliers d’événements en France, ou nous aurons échoué. Mais nous allons gagner, parce qu’il n’y a pas d’autre voie que celle de la volonté.

Mobilisation générale

Cet Appel n’appartient pas à Charlie, mais à tous. D’ores et déjà, beaucoup le soutiennent. Charlie- bien sûr, l’évêque de Troyes Mgr Marc Stenger – quelle rencontre, hein ? –, Matthieu Ricard, Didier -Robiliard, président de France Parkinson, le réseau Biocoop, la Ligue pour la protection des oiseaux, le docteur Pierre-Michel Périnaud et derrière lui 1 200 médecins, Pierre Rabhi, Béatrice Lanson--Villat, présidente d’un réseau européen de femmes d’affaires, Féminin Pluriel, la chanteuse Emily -Loizeau, qui prépare une chanson dédiée, et tant d’autres.
 

Pour aller plus loin
La Fondation Good Planet organise, les 15 et 16 septembre au Domaine de Longchamps à Paris, un week-end de mobilisation autour de l’alimentation et de la santé durant lequel la question de l’arrêt des pesticides sera centrale. Les acteurs de l’opération Coquelicots, soutenue par la Fondation, seront présents.
Plus de détails sur www.goodplanet.org
 









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