Personne portant un sac en papier sur la tête dans un champ fleuri.
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“Nous assistons à un effondrement du vivant, pas à une simple érosion !”

Face à l'effondrement du vivant, nous continuons à croire que la technologie finira par tout réparer. Une illusion dangereuse, selon Tatiana Giraud.

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Publié le

En bref

  • Tatiana Giraud estime que le terme “effondrement de la biodiversité” décrit mieux l’ampleur et la rapidité actuelles des disparitions d’espèces que les mots “déclin” ou “érosion”.
  • La biologiste explique que les espèces dépendent les unes des autres : protéger une seule espèce ne suffit pas, c’est l’ensemble des écosystèmes qu’il faut préserver.
  • Réduction des pesticides, protection des habitats, lutte contre les espèces invasives et baisse des émissions de gaz à effet de serre figurent parmi les leviers prioritaires pour enrayer l’effondrement du vivant.
  • Les solutions favorables à la biodiversité sont aussi bénéfiques pour la santé humaine, tandis que les projets de “dés-extinction” restent, selon Tatiana Giraud, une impasse scientifique et écologique.

Pour parler des disparitions d’espèces en cours, vous insistez sur le terme d’effondrement. Pourquoi ?

Tatiana Giraud : On entend parfois parler d’érosion, de déclin, mais le terme n’est pas assez fort ! La vitesse à laquelle les espèces s’éteignent est selon les cas dix fois, voire cent fois plus rapide qu’à la dernière extinction de masse au Crétacé, où les trois-quarts des espèces (dont les dinosaures) ont été effacés de la surface de la Terre. Chez la plupart des insectes et des oiseaux, ce sont les trois quarts des individus qui ont disparu en trente ans. Pour les amphibiens, le taux d’extinction depuis 1980 est plus de cent soixante fois celui de l’extinction massive du Crétacé !

A-t-on pris collectivement la mesure de la catastrophe en cours ?

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