Pour parler des disparitions d’espèces en cours, vous insistez sur le terme d’effondrement. Pourquoi ?
Tatiana Giraud : On entend parfois parler d’érosion, de déclin, mais le terme n’est pas assez fort ! La vitesse à laquelle les espèces s’éteignent est selon les cas dix fois, voire cent fois plus rapide qu’à la dernière extinction de masse au Crétacé, où les trois-quarts des espèces (dont les dinosaures) ont été effacés de la surface de la Terre. Chez la plupart des insectes et des oiseaux, ce sont les trois quarts des individus qui ont disparu en trente ans. Pour les amphibiens, le taux d’extinction depuis 1980 est plus de cent soixante fois celui de l’extinction massive du Crétacé !