Fleur rose et jaune dans un jardin ensoleillé avec ciel bleu en arrière-plan
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Les jours d’après : “Nous ne devons plus sacrifier l'essentiel au superflu”

Un dahlia à San Francisco. Ce que le réchauffement climatique menace en silence : l'exubérance et l'indicible beauté du vivant.

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Nous habitons la Terre et travaillons sur Terre. Nos racines sont terrestres, tout naturellement. Un plan B ? Seulement en rêve. Cette évidence dit l’essentiel : l’air, l’eau, le feu, la terre, sont les quatre éléments de nos boussoles, intérieures et extérieures. Quand le climat se dérègle, c’est tout notre être qui perd ses repères. Aucune espèce – dans les océans ou en dehors – n’y échappe.

Ces nouvelles vagues de chaleurs torrides coupent le souffle jusqu’à parfois tuer. Prisonniers, nous avançons au ralenti. Les idées se raréfient, au prorata des bouffées d’air pur. L’OMS l’a mesuré : au-delà de 20 °C, la productivité des humains chute de 2 à 3 % par degré supplémentaire¹. Pas plus les infrastructures que les corps ou les esprits n’y sont préparés. Nos bâtiments et nos équipements eux aussi agonisent, absorbant de force les calories tombées du ciel. La surchauffe entraîne la surchauffe, comme le ralentissement de chacun entraîne celui de tous.

Une vague de chaleur, ça ne s’échoue pas sur une plage. Ça rayonne tous azimuts. Quand la température grimpe, la violence aussi : 4 % de conflits en plus entre deux individus, et 14 % à l’échelle du groupe².

On ne peut pas climatiser la Terre

La fraîcheur, érigée au rang des denrées rares, se répand auprès de celles et ceux qui ne comptent pas leurs économies. Mais dès le pas-de-porte franchi, le thermomètre affiche la même valeur pour tous. Non, la Terre ne se climatise pas. L’humain fait certes la pluie et le beau temps, mais dans son pré carré seulement.

Alors, avons-nous le droit d’ignorer les faits ? De préférer le déni égoïste à l’agir qui s’impose ? Il me semble que la première étape – accessible à tous, sans condition et sans délai – consiste à éradiquer toute action futile. Les garde-robes accordéon pour servir les ego surdimensionnés, l’usage de produits de luxe – quelles qu’en soient la couleur et la fonction –, les kilomètres de jet privé ou de yacht, parce qu’on le vaut bien, les pistes de ski ou les golfs en plein désert.

Stop aussi au non-sens nutritif du trop-sucré, du trop-gras, de l’ultra-transformé. La liste est longue, mais pas infinie. Il est urgent de nous concentrer sur l’utile – et sur l’agréable, en rien incompatibles. Le culte de la futilité est une nuisance mondiale. C’est aussi le terreau des Avida Dollars. Gardons le cap, celui du bon sens et de l’altérité. Seuls sur Terre, nous ne survivrions qu’une poignée d’heures.

¹ OMS & OMM, rapport sur le changement climatique et le stress thermique au travail, 22 août 2025.

² S. Hsiang, M. Burke, E. Miguel, « Quantifying the Influence of Climate on Human Conflict », Science, vol. 341, 2013.

Sources

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