J'ai testé… les capitalistes anonymes
Rompre avec les automatismes du capitalisme : c'est le pari de ces groupes de parole parisiens atypiques. Sans manifeste ni recette toute faite, les “capitalistes anonymes” ouvrent un espace rare où s'expriment doutes, contradictions et désirs de bifurcation. WE DEMAIN a assisté à l'une de ces séances, à la frontière de l'intime et du politique.
Publié le
Écrit par Jennifer Murzeau
18 h 15. Au cœur de Paris, et un peu en avance, je grimpe les escaliers de l'Académie du climat. C'est là que se tiennent, un mercredi sur deux depuis janvier 2025, les "cercles des capitalistes anonymes". L'intitulé sonne comme une blague à destination de ceux qui, comme moi, ne supportent plus l'époque. Pas d'inscription nécessaire, pas d'engagement, pourquoi se priver ? J'entre dans une pièce où des tables sont disposées en rectangle. Deux capitalistes anonymes sont déjà là. Paul, petite trentaine, discute avec Stéphane. Ils se sont rencontrés deux semaines plus tôt, c'était la première fois qu'ils venaient.
"J'ai réalisé que le mode de vie capitaliste, m'explique Stéphane, la carrière qui va avec, tout ce à quoi j'avais souscrit en devenant ingénieur informatique, gagnant bien ma vie, en tirant d'ailleurs une satisfaction certaine, était un problème socialement, écologiquement. Quand j'ai commencé à partager ma prise de conscience, je me suis heurté à de l'hostilité. Mes questionnements irritaient mes proches. J'ai perdu des amis à cause de ça."
"Bonsoir, je m'appelle jennifer"
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