Et si la voiture électrique à 15 000 euros (hors aides) n’avait rien d’une chimère ? On ne parle pas d’une mini-voiture sans permis, ni d’un modèle importé de Chine à prix cassé, mais d’une véritable automobile quatre places, fabriquée en Europe et capable d’emprunter l’autoroute. C’est le scénario exploré par la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) et l’Institut Mobilités en Transition (IMT-IDDRI), avec l’appui du cabinet C-Ways. Leur étude, publiée ce 16 septembre, cherche à savoir ce qu’il faudrait réellement sacrifier pour atteindre 15 000 euros hors aides — et surtout si des Européens seraient prêts à acheter une telle voiture.
La question n’a rien d’anecdotique. En France, le prix moyen d’une voiture neuve atteint désormais 34 600 euros, après une hausse de 29 % depuis 2019. Dans le même temps, la part des véhicules neufs achetés par les 60 % de Français les moins aisés est tombée de 43 % à 32 %. "La première politique sociale, c’est aussi de faire baisser le prix de la voiture elle-même", insiste Thomas Uthayakumar, qui dirige les programmes et le plaidoyer à la FNH.
Une vraie voiture, mais débarrassée du superflu
Pour atteindre ce tarif, les auteurs ont fait le chemin inverse de celui suivi par l’industrie automobile ces dernières décennies. Au lieu de partir des performances maximales attendues d'une voiture puis d’essayer d’en réduire le coût, ils sont partis des usages quotidiens. Résultat : un véhicule de 3,60 mètres de long, quatre places, pesant moins de 800 kg (avec la batterie). Celle-ci afficherait seulement 15 à 22 kWh de capacité, pour 140 à 200 kilomètres d’autonomie réelle. La puissance serait comprise entre 30 et 45 kW et la vitesse maximale limitée à 110 km/h. Pas de recharge rapide : un chargeur de 7 kW permettrait de refaire le plein en deux à trois heures.