Des députés dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale lors d'une séance parlementaire.
©
Abonnés

Eau, élevage, pesticides : les trois angles morts de la loi d'urgence agricole

Ouverture le 19 mai 2026 des discussions du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles à l'Assemblée nationale.

Suivez-nous sur Discover

C'est le troisième projet de loi consacré à l'agriculture soumis au Parlement depuis 2024, après la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire adoptée en février 2025 et la très controversée “loi Duplomb” de juillet 2025, dont l'article central – la réautorisation de plusieurs néonicotinoïdes – avait été censuré par le Conseil constitutionnel après une pétition signée par plus de deux millions de personnes. Le présent texte, présenté comme une réponse aux mobilisations agricoles de l'hiver 2025-2026, devait initialement être resserré autour de quelques sujets-clés.

À l'issue de son passage en commission début mai 2026, il compte 43 articles, plus de 2 200 amendements ont été déposés, et son périmètre embrasse aussi bien le foncier, le revenu agricole, l'accès à l'eau, l'extension des bâtiments d'élevage, la prédation du loup, les contrôles aux importations que la commande publique pour la restauration collective.

Une “loi pansement” ?

Plusieurs observateurs y voient une “loi pansement” susceptible de ne satisfaire ni les organisations professionnelles, ni les associations environnementales. La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) a d'ailleurs fustigé, dès la sortie de commission, un “détricotage” des dispositifs censés sécuriser l'accès à l'eau.

À l'inverse, France Nature Environnement alerte sur les “portes ouvertes” que ce texte protéiforme offre aux parlementaires les plus hostiles à la régulation environnementale. Le plus frappant ? Le décalage profond entre la trajectoire politique du texte et ce que disent les Français eux-mêmes.

L'eau, ligne de fracture centrale

Un sondage IPSOS commandé par le WWF France et publié à la veille de l'examen du texte met au jour une attente claire : une majorité de personnes interrogées considère que les autorités sanitaires n'en font pas assez pour protéger l'eau potable. 64 % réclament une application plus stricte du principe pollueur-payeur, et 60 % se prononcent pour l'interdiction des pesticides et nitrates dans les zones de captage les plus sensibles.

Connectez-vous pour accéder à la suite de ce contenu

Déjà abonné(e) ? Activez votre compte ou connectez-vous en un clic.

Je continue
Pas encore abonné(e) ? Tous nos contenus et services exclusifs à partir de 6,90€/trimestre, sans engagement (offre découverte : 1er trimestre à 3,90€) J’en profite

Sources

Sujets associés