La chirurgienne qui défie la douleur
La neurochirurgienne Gloria Villalba.
Spécialiste du cerveau, la neurochirurgienne Gloria Villalba a fait de la neuromodulation cérébrale une arme contre les douleurs chroniques et la détresse ultime.
Publié le
Écrit par Audrey Levy (Journaliste)
En bref
- À l’Hospital del Mar de Barcelone, la neurochirurgienne Gloria Villalba s’est imposée comme une spécialiste de la douleur, avec plus de 5 000 opérations réalisées en vingt ans.
- Son approche repose sur la neuromodulation cérébrale : stimuler certaines zones du cerveau, notamment le cingulum, pour modifier la perception de la douleur plutôt que traiter uniquement la maladie.
- L’hôpital est devenu un centre de référence pour les patients en impasse thérapeutique, avec des essais cliniques sur les douleurs neuropathiques, l’anorexie sévère, les tumeurs cérébrales et, bientôt, l’addiction à la cocaïne.
Sur la porte, une affichette : "Dr Villalba. Ne pas entrer." Nous sommes à l'Hospital del Mar, situé Passeig Marítim à Barcelone, face à une mer démontée ce jour-là. Et comme chaque mercredi, la neurochirurgienne Gloria Villalba opère au bloc. Pendant l'intervention, interdiction donc d'ouvrir la porte –"pour limiter les risques d'infection", précisera-t-elle plus tard –, de parler ou d'écouter de la musique -"par respect". Certains la disent trop exigeante ? "C'est ainsi que je garantis un travail sérieux, au bénéfice du patient", rétorque-t-elle.
La spécialité de Gloria Villalba ? Le cerveau, dont elle tente encore de percer les mystères. Malgré plus de 5 000 opérations au compteur et vingt ans de carrière. Pas mariée, sans enfant, à 50 ans, la neurochirurgienne consacre sa vie à son métier. Elle se lève à 5 h 20, commence à 7 h ses journées à l'hôpital, qu'elle ne quitte souvent qu'après 21 h."Je suis addicte à ce travail qui me comble", reconnaît celle qui s'est prise de passion pour le cerveau, pendant son internat, intriguée par cette languette en forme de C, située en son centre : le cingulum."Là où sont concentrées nos émotions." Dans le milieu machiste de la neurochirurgie, dévoré par l'ego et le pouvoir, la jeune fille d'alors a dû se battre pour s'imposer, "confrontée, en tant que femme, à un plafond de verre… Aujourd'hui, je suis adjointe du service et non pas chef", précise-t-elle.
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