VivaTech, pavillon japonais, 17 juin 2026. Un entrepreneur en T-shirt tient un fil entre ses doigts. Il ressemble à du polyester mais il est en réalité constitué de plantes. À quelques stands de là, une petite boîte transparente renferme une poudre blanche obtenue en broyant des coquilles d’œufs industrielles. Non loin, une cuve de fermentation capable de produire du lycopène (le pigment rouge de la tomate) sans une seule tomate. Derrière chaque pitch, la même obsession : remplacer le pétrole par le vivant, une molécule après l’autre.
Ce n’est pas un hasard si ces innovations émergent du Japon. Pays sans naphta domestique – un liquide transparent principalement issu du raffinage du pétrole brut, c’est la matière première de toute la pétrochimie mondiale –, l’archipel a développé depuis plusieurs décennies une culture de la substitution biosourcée que la contrainte a rendue pragmatique. Ce que ces start-ups apportent en Europe à l’occasion de Vivatech, c’est moins un catalogue d’inventions qu’une réponse industrielle mature à une dépendance que l’Union européenne partage, et que le Green Deal contraint désormais à résoudre.