Microsoft 365 pour travailler, Azure ou AWS pour héberger les données, Salesforce pour gérer les clients, puis ChatGPT, Claude, Copilot, Gemini ou d’autres assistants pour écrire, analyser, coder, automatiser. Sans véritablement s’en rendre compte, les entreprises européennes construisent chaque année un peu plus leur activité sur les infrastructures et les logiciels de quelques géants américains. L’intelligence artificielle pourrait désormais faire passer cette dépendance dans une nouvelle dimension.
Car la question n’est plus seulement de savoir qui développe les meilleures IA. Elle est aussi de savoir qui fixera leur prix lorsque nous ne pourrons plus nous en passer. Une étude, publiée en mai 2026 par le cabinet Asterès pour le Cigref, association réunissant de grandes organisations utilisatrices du numérique, donne une idée du rapport de force qui s’installe. Les entreprises et administrations européennes consacreraient environ 400 milliards d’euros par an au cloud et aux logiciels. “Dans ces dépenses, 330 milliards étaient adressés à des entreprises américaines, c’est à dire 83 % de parts de marché qui sont détenues par un nombre restreint d’acteurs d’une seule et même nationalité”, explique le rapport.
Une dépendance qui coûte déjà cher
Cette domination serait moins problématique s’il était facile de changer de fournisseur. Ce n’est souvent pas le cas. Plus une entreprise construit son système informatique autour d’une plateform