Menottes reliant l'IA et le Cloud sur fond de circuits et de données numériques.
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Le piège américain de l’IA : d’abord dépendants, bientôt captifs ?

L’essor de l’IA renforce la dépendance des entreprises européennes à une poignée de géants américains du cloud et du logiciel. Une concentration qui pourrait aussi leur donner, demain, un pouvoir croissant sur les prix.

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En bref

  • Les entreprises et administrations européennes consacrent environ 400 milliards d’euros par an au cloud et aux logiciels, dont 83 % auprès d’acteurs américains.
  • Les DSI interrogés par Asterès ont subi des hausses moyennes de 8,7 % par an et anticipent une progression de 12 % par an sur les cinq prochaines années.
  • L’essor de l’IA renforce le risque de "vendor lock-in" : plus les entreprises intègrent ces outils à leurs processus, plus changer de fournisseur devient complexe et coûteux.
  • AT&T cherche déjà à limiter cette dépendance grâce aux modèles ouverts et au routage entre différentes IA, avec des baisses de coûts annoncées allant jusqu’à 80 à 90 % sur certains usages.

Microsoft 365 pour travailler, Azure ou AWS pour héberger les données, Salesforce pour gérer les clients, puis ChatGPT, Claude, Copilot, Gemini ou d’autres assistants pour écrire, analyser, coder, automatiser. Sans véritablement s’en rendre compte, les entreprises européennes construisent chaque année un peu plus leur activité sur les infrastructures et les logiciels de quelques géants américains. L’intelligence artificielle pourrait désormais faire passer cette dépendance dans une nouvelle dimension.

Car la question n’est plus seulement de savoir qui développe les meilleures IA. Elle est aussi de savoir qui fixera leur prix lorsque nous ne pourrons plus nous en passer. Une étude, publiée en mai 2026 par le cabinet Asterès pour le Cigref, association réunissant de grandes organisations utilisatrices du numérique, donne une idée du rapport de force qui s’installe. Les entreprises et administrations européennes consacreraient environ 400 milliards d’euros par an au cloud et aux logiciels. “Dans ces dépenses, 330 milliards étaient adressés à des entreprises américaines, c’est à dire 83 % de parts de marché qui sont détenues par un nombre restreint d’acteurs d’une seule et même nationalité”, explique le rapport.

Une dépendance qui coûte déjà cher

Cette domination serait moins problématique s’il était facile de changer de fournisseur. Ce n’est souvent pas le cas. Plus une entreprise construit son système informatique autour d’une plateform

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