Même les insectes expriment de la colère, de la terreur, de la jalousie et de l’amour à travers leur stridulation (1) : Charles Darwin, qui s’est très tôt intéressé aux émotions animales, aurait pu ajouter à sa liste le plaisir de jouer. Car c’est bien ce que les scientifiques ont récemment découvert chez les bourdons et les mouches, balayant d’un revers le dogme bien ancré de l’insecte-machine, juste capable de comportements réflexes. "J’ai commencé à travailler sur le comportement animal il y a vingt-cinq ans. À cette époque, nous n’aurions jamais osé parler de jeu, c’était un mot tabou, comme celui de personnalité", se souvient François-Xavier Dechaume-Montcharmont, professeur en écologie comportementale à l’université Lyon 1.
Une claque à "l’anthropodéni"
Qu’un insecte, cette insignifiante créature au cerveau de 900 000 neurones pas plus gros qu’un grain de sel, puisse s’adonner à une activité relativement sophistiquée qui ne lui servirait ni pour se nourrir ni pour se reprodui