Bourdons, mouches… chez les insectes aussi, le plaisir du jeu
Et si les insectes jouaient, eux aussi ? Chez les bourdons comme chez les mouches, des expériences récentes ouvrent une fenêtre vertigineuse sur le plaisir animal.
Des bourdons qui font des parties de balles ? Tout à fait ! Et ils ne sont pas les seuls invertébrés à s'adonner au jeu, une activité que l'on pensait être l'apanage des humains et mammifères dits supérieurs. Balayant la notion d'insecte-machine, des expériences récentes relancent la question de la conscience animale.
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En bref
- Des études récentes suggèrent que certains insectes peuvent jouer, sans objectif de survie immédiat.
- Les bourdons ont spontanément fait rouler des billes, parfois des dizaines de fois.
- Des drosophiles sont revenues volontairement sur un manège motorisé, comme attirées par la sensation.
- Ces travaux relancent le débat sur les émotions, le plaisir et la conscience chez les insectes.
Même les insectes expriment de la colère, de la terreur, de la jalousie et de l’amour à travers leur stridulation (1) : Charles Darwin, qui s’est très tôt intéressé aux émotions animales, aurait pu ajouter à sa liste le plaisir de jouer. Car c’est bien ce que les scientifiques ont récemment découvert chez les bourdons et les mouches, balayant d’un revers le dogme bien ancré de l’insecte-machine, juste capable de comportements réflexes. "J’ai commencé à travailler sur le comportement animal il y a vingt-cinq ans. À cette époque, nous n’aurions jamais osé parler de jeu, c’était un mot tabou, comme celui de personnalité", se souvient François-Xavier Dechaume-Montcharmont, professeur en écologie comportementale à l’université Lyon 1.
Une claque à "l’anthropodéni"
Qu’un insecte, cette insignifiante créature au cerveau de 900 000 neurones pas plus gros qu’un grain de sel, puisse s’adonner à une activité relativement sophistiquée qui ne lui servirait ni pour se nourrir ni pour se reprodui
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