À première vue, c’est une laitue parfaitement ordinaire. Des feuilles vertes, une croissance normale, des fleurs puis des graines. Pourtant, à l’intérieur de ses cellules, cette plante produit une molécule que l’on s’attendrait plutôt à trouver dans une côte de porc. Des chercheurs de l’Imperial College London et de la start-up britannique Kyomei ont réussi à faire fabriquer à des laitues de la myoglobine porcine, une protéine abondante dans les muscles des vertébrés.
Le résultat, publié le 6 août dans la revue Frontiers in Plant Science, constitue une première : jusqu’ici, la production stable de myoglobine n’avait jamais été démontrée chez des plantes supérieures comme la laitue ou le tabac.
Transformer la plante en usine
La myoglobine joue notamment un rôle dans le stockage de l’oxygène dans les muscles. Mais elle intéresse aussi beaucoup l’industrie alimentaire. Associée à l’hème, une molécule contenant du fer, elle participe à la couleur rouge de la viande et à certaines de ses caractéristiques gustatives. Elle constitue donc un ingrédient particulièrement convoité par les fabricants d’alternatives végétales, qui cherchent à reproduire non seulement la texture, mais aussi l’apparence et le goût de la viande.