C’est un texte vieux de plus de vingt-cinq ans, et l’un des piliers de la politique européenne de l’eau. Mais la directive-cadre sur l’eau est désormais dans le viseur de Bruxelles. Le 8 septembre, plusieurs organisations environnementales, parmi lesquelles le WWF et le Bureau européen de l’environnement (EEB), ont saisi la Médiatrice européenne. Elles accusent la Commission d’avoir décidé de réviser ce texte sans avoir suffisamment établi la nécessité de le faire ni correctement consulté les parties prenantes. Selon elles, cette façon de procéder pourrait constituer un cas de "mauvaise administration".
Derrière cette bataille de procédure se joue un débat beaucoup plus vaste. Depuis le retour d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission fin 2024, le mot d’ordre européen a changé : après le Green Deal, place à la compétitivité et à la "simplification". Bruxelles promet de débarrasser les entreprises de formalités jugées inutiles. Mais au fil des mois, les textes concernés sont de moins en moins anecdotiques : devoir de vigilance, reporting environnemental, déforestation, produits chimiques, émissions industrielles, pesticides… et désormais protection de l’eau. En juillet, un collectif d’ONG, Réseau Action Climat, recensait vingt mesures d’affaiblissement ou de dérégulation environnementale déjà adoptées depuis 2024 et une trentaine d’autres en discussion.