Une personne marche vers un lac entouré de montagnes sous un ciel gris.
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Les jours d’après : “La vie continuera. Avec ou sans nous”

Face au dérèglement climatique, notre avenir dépend autant de notre capacité à changer que de la préservation des écosystèmes qui rendent la Terre habitable.

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Dans quelques mois, quelques années, nous souviendrons-nous des fournaises de l’été 2026 : canicules en chapelet, immenses brasiers, comme nous avons gardé en mémoire la sécheresse de 1976 ou l’épisode caniculaire d’août 2003 ? Tout dépendra de ce qui surviendra dans les années à venir. L’été 2026 correspondra-t-il à une sorte d’anomalie torride assez exceptionnelle ou marquera-t-il le début d’une nouvelle normalité ? Espérons qu’au moins à court terme, disons sur une ou deux décennies, ce soit le premier scénario qui survienne.

J’hésite à me réconforter avec cet espoir bien que je le souhaite ardemment car, quoi qu’il en soit, le regard que nous portons avec nonchalance sur notre monde va devoir changer. Surtout, si nous voulons que la France de nos enfants ou petits-enfants reste quelque peu accueillante, nos comportements vont également devoir changer et pas seulement à la marge et pas seulement à coup de technologie rafraîchissante : alimentation, consommation courante, gestion de l’eau, usage du numérique, de l’IA et des réseaux…

De la nécessité d’emprunter un chemin différent

Si nous avons entendu le message de 2026, il est urgent et impératif d’intégrer le mot “sobriété” à notre vocabulaire quotidien. Cela ne signifie pas renoncement, cela ne signe pas un retour en arrière, mais la nécessité d’emprunter un chemin différent, de nous percevoir, de nous penser différemment sur cette Terre avec moins de certitude et, pour tout dire sans l’arrogance d’une espèce qui se voit surpuissante et à laquelle tout serait permis, sans aucune limite à ses appétits de domination. Pourquoi ?

En premier lieu, très égoïstement, il en va de notre confort et même de notre survie. Nous sommes un animal (et oui) complexe et cette complexité nous fragilise : notre physiologie fonctionne à merveille aux alentours de 20 °C dans une ambiance modérément humide. Au-delà, que ce soit vers des froids polaires ou des touffeurs tropicales, nous entrons dans une zone de stress qu’il convient de compenser au prix d’un effort physiologique qui, s’il devient récurrent, finira par altérer notre espérance de vie, voire mettra un terme à notre vie tout court si nous y ajoutons des facteurs de fragilité. J’évoque ici de la surmortalité de 2003 ou 2026. Certes, d’aucuns diront qu’une technologie idoine évacuera le problème. Faudra-t-il donc passer nos étés sous cloche ?

Adopter des pratiques compatibles avec le dérèglement climatique

En second lieu, notre alimentation provient, dans son immense majorité, de l’agriculture et de l’élevage. Les récoltes 2026 seront catastrophiques, mettant les agriculteurs en grande difficulté économique et, à court terme, induisant des tensions sur les marchés alimentaires : rareté de certaines denrées et hausse des prix. L’irrigation montrera rapidement ses limites, posera de manière aigüe la question du partage de la ressource aquatique entre les différents usages (domestique, agricole, industriel, énergétique, récréatif…).

Faudra-t-il climatiser ou installer des brumisateurs dans nos élevages surdimensionnés ? Ne faudrait-il pas plutôt réfléchir à d’autres façons de faire, ne pas vouloir tenter de plier l’environnement à des habitudes désormais dépassées, mais adopter des pratiques compatibles avec les changements annoncés ?

“Nous ne sommes rien sans les autres”

En dernier lieu, et c’est là à la fois le plus important et le moins visible, qu’en est-il des écosystèmes naturels, de la faune et de la flore sauvage qui subit sans possibilité d’atténuation, le choc climatique ? Si l’on pense à l’eau, quelle part faut-il leur laisser ? Vous pourriez rétorquer : nous, nos céréales et nos poulets d’abord ! Ce serait une grave erreur, et même une erreur vitale car, ne vous en déplaise, notre sort en dépend. N’oublions pas que nous sommes une espèce de vertébré-mammifère-primate en interaction avec le reste du vivant, avec tout le reste du vivant, et que nous ne sommes strictement rien sans les autres.

Oh, je ne parle pas là de quelques ours blancs, tigres ou éléphants, mais de ce monde invisible qui grouille sous nos pieds, qui se niche dans nos cours d’eau ou au cœur de nos océans. Ce monde, sans lequel nos plantes ne pousseraient pas, sans lequel nous ne respirerions pas, est le socle qui rend la planète habitable pour tous. Ce monde microscopique dépend en partie du monde macroscopique qui l’entoure. Toutefois, ne nous trompons pas. Le microscopique pourra survivre sans le macroscopique, il l’a d’ailleurs fait pendant des milliards d’années, mais l’inverse est radicalement faux.

 La morale de cette histoire est que je n’ai aucune inquiétude quant à l’avenir de la vie sur Terre. La question est de savoir si ce sera avec ou sans Homo sapiens et quelques autres animaux. La réponse est entre nos mains, ou disons, dans notre capacité à prendre la mesure du problème.

Ce qu’il faut en retenir

Une idée forte

La Terre n’a pas besoin de nous pour rester vivante. Nous avons, en revanche, besoin du vivant pour respirer, nous nourrir et rendre notre environnement habitable. Nous croire au-dessus de lui est une illusion dangereuse.

Une urgence

Prendre l’été 2026 comme un avertissement et ne pas chercher seulement à compenser les effets du dérèglement climatique par davantage de technologie. Nos modes de consommation, notre alimentation, notre gestion de l’eau et plus largement notre rapport aux ressources doivent changer.

Une piste d’action

Faire de la sobriété non pas un renoncement, mais une nouvelle manière d’habiter la Terre : adapter nos usages aux limites du milieu plutôt que tenter de plier celui-ci à nos habitudes, tout en préservant la part d’eau, d’espace et de ressources dont les écosystèmes ont besoin pour fonctionner.

Sources