Un groupe en combinaisons orange devant un navire de la Garde côtière dans la neige.
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Tara Polar Station : la grande dérive arctique a commencé

Les douzes membres de l'expéidition Tara Polaris I ont rejoint les glaces de l'Arctique. La dérive peut commencer jusqu'au printemps prochain.

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En bref

  • Partie de Lorient le 19 juillet, Tara Polar Station a commencé sa dérive dans l’océan Arctique central le 9 septembre 2026, après avoir été guidée par le brise-glace chinois Xue Long 2.
  • Douze personnes et le chien Örkki participent au premier hivernage, marqué par quatre mois de nuit polaire. La relève de l’équipage est prévue à la mi-avril 2027.
  • L’expédition Tara Polaris I mobilise 80 scientifiques de 12 pays et inaugure un programme de recherche prévu jusqu’en 2046 pour suivre les transformations de l’Arctique.

Maintenant, c’est la glace qui donne le cap. Un peu moins de deux mois après son départ de Lorient, Tara Polar Station a rejoint la zone où commence sa première grande dérive scientifique. Le 9 septembre 2026, à midi heure de Paris, la station a atteint le point de prise en glace visé, par 82°24’ de latitude nord et 155°03’ de longitude est. Amarrée à un vaste bloc de glace, elle se laisse désormais entraîner par la banquise. Vingt ans après la goélette Tara, la Fondation Tara Océan renoue avec cette manière singulière d’explorer l’Arctique : accepter d’en devenir prisonnier pour mieux l’observer.

Pour rejoindre ce point, il a fallu un dernier coup de pouce. Après une escale à Kirkenes, en Norvège, pour embarquer le premier équipage d’hivernants et un chien de garde, puis une traversée des eaux russes menée avec la coopération de l’administration de la Route maritime du Nord, la station a retrouvé le Xue Long 2 le 8 septembre. Ce brise-glace océanographique chinois, qui étudiait la région depuis deux mois, lui a ouvert la voie jusqu’à sa destination. Une collaboration franco-chinoise décisive pour lancer l’expédition Tara Polaris I, programmée en 2026-2027.

Douze personnes, et un chien, face à la nuit polaire

À bord, quatre marins, six scientifiques, une médecin et un correspondant de bord se préparent à vivre plus de huit mois ensemble. Un treizième compagnon participe à l’aventure : le jeune Örkki, un chien originaire de Laponie. Sa mission ? Donner l’alerte en cas de présence d’ours polaires à proximité de la station. Une vigie à quatre pattes, mais aussi un compagnon pour traverser les longs mois d’isolement.

Chien noir et blanc à pelage épais, oreilles dressées, regard doux, en extérieur.
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Örrki, chien de Laponie, a pris place à bord et a rencontré ses douze nouveaux compagnons.

Sous le commandement du capitaine Martin Hertau, cet équipage devra notamment traverser quatre longs mois de nuit polaire. Tous ont suivi des formations et passé des tests d’aptitudes physiques et psychologiques avant de s’engager dans cet hivernage. Leur relève est prévue à la mi-avril 2027, par avion, avec le retour du printemps.

Mais s’amarrer à la banquise ne signifie pas que tous les travaux scientifiques peuvent démarrer immédiatement. Dans un communiqué, la Fondation précise que les recherches et les protocoles d’échantillonnage seront lancés progressivement, à mesure que le froid hivernal stabilisera la glace autour de la station. Le rythme de l’installation dépend donc aussi de celui de l’Arctique. La direction scientifique de cet hivernage est confiée à Maxime Geoffroy, spécialiste des poissons polaires, rattaché à l’Université Memorial de Terre-Neuve, au Canada, et à l’Université arctique de Norvège.

Observer l’Arctique au fil des saisons

L’enjeu dépasse largement la réussite d’un hivernage. Avec cette base dérivante, les chercheurs veulent étudier l’océan Arctique central dans la durée, au fil des saisons. Biologistes, glaciologues, spécialistes de l’atmosphère, physiciens et océanographes contribueront à cette observation collective. Pour la première expédition, 80 scientifiques issus de 32 institutions de 12 pays sont mobilisés, sous la direction scientifique de l’océanographe polaire Marcel Babin, du laboratoire Takuvik.

"Cela fait plus de 10 ans que nous avons imaginé cette base polaire dérivante destinée à étudier l’Arctique au fil des saisons et sur le long-terme", souligne Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Océan, dans le communiqué. L’objectif, poursuit-il, est de "poser un diagnostic sur l’état de santé de l’océan Arctique central". Tara Polaris I ouvre ainsi un programme prévu jusqu’en 2046, soutenu par la France et l’Union européenne. Le départ de Lorient en était le prélude. La dérive du 9 septembre marque l’entrée dans le vif du sujet : rester sur place, tout en se laissant emporter, pour suivre les transformations de cet océan.

Vue aérienne d'un brise-glace naviguant à travers des blocs de glace flottants dans l'Arctique.
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Pendant de longs mois, Tara Polar Station va dériver dans l'Arctique. Pendant de temps, de nombreuses expérimentations scientifiques seront menées.