Elle ne ressemble en rien à la vague géante que son nom pourrait laisser imaginer. Pas de mur d’eau visible à l’horizon, pas de déferlante soudaine. Rien à voir avec un tsunami. Et pourtant, une onde de Kelvin longue de plusieurs milliers de kilomètres est actuellement surveillée de près dans le Pacifique. Après avoir atteint les côtes nord de l’Amérique du Sud à la fin du mois d’août, elle remonte désormais vers le nord et pourrait affecter prochainement la Californie. Avec une conséquence très concrète : une élévation temporaire du niveau de la mer, susceptible d’aggraver les inondations côtières au cours des prochains mois.
Pour comprendre le phénomène, il faut oublier les vagues que l’on regarde se briser sur une plage. Une onde de Kelvin est un déplacement à très grande échelle de masses d’eau à travers l’océan. Elle se développe notamment lors des épisodes El Niño, lorsque les alizés qui soufflent habituellement d’est en ouest le long de l’équateur faiblissent, voire s’inversent ponctuellement. L’immense quantité d’eau chaude habituellement accumulée dans l’ouest du Pacifique peut alors repartir vers l’est, en direction du continent américain.