Illustration d'un cerveau mi-biologique mi-circuit imprimé avec des chiffres binaires en arrière-plan.
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Avec l’IA, comment continuer à apprendre par soi-même ?

Le 13 octobre, la 5e édition de "Métamorphose(s) de l’Éducation", organisée par Onepoint, explorera les bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle dans nos façons d’apprendre, de former et de penser.

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En bref

  • L’IA facilite l’accès au savoir, mais peut aussi encourager la délégation du raisonnement et du travail d’apprentissage.
  • La 5e édition de "Métamorphose(s) de l’Éducation" interrogera le rôle de l’école, de l’université et de l’entreprise face à l’IA générative et agentique.
  • Charles Pépin, Éric Sadin, Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal et plusieurs acteurs de l’EdTech participeront aux débats le 13 octobre à Paris.

Elle rédige, résume, traduit, explique, cherche une information et commence même à accomplir des tâches de manière autonome. En quelques années, l’intelligence artificielle s’est installée dans les salles de classe, les universités et les entreprises. Avec une promesse évidente : apprendre plus vite, accéder plus facilement à la connaissance et se débarrasser d’une partie des tâches répétitives.

Mais cette facilité nouvelle pose une question relativement vertigineuse : que devient notre capacité à apprendre lorsque la machine peut fournir presque instantanément une réponse ? C’est le fil rouge de la cinquième édition de “Métamorphose(s) de l’Éducation”, organisée le 13 octobre à Paris par Onepoint autour du thème “Le grand sursaut : IA, Tech, Richesse humaine”. Chercheurs, enseignants, entrepreneurs, philosophes et acteurs de l’éducation y confronteront leurs visions.

Résister à la tentation du moindre effort

Le sujet dépasse largement la question de savoir s’il faut ou non autoriser ChatGPT à l’école. Pour le sociologue Pierre-Michel Menger, professeur au Collège de France, l’enjeu est notamment de ne pas confondre accès à une réponse et acquisition d’une connaissance. “Aujourd’hui, l’humain a la chance de pouvoir interagir intelligemment avec une machine qui devient de plus en plus intelligente. Il faut préserver cette chance”, prévient-il. Car apprendre suppose aussi de chercher, hésiter, comparer, vérifier ou se tromper. Autant de détours que l’IA permet précisément de court-circuiter.

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Source : Extrait de l’étude Métamorphoses de l'éducation conduite par Onepoint x Viavoice, présentée le 13 octobre en avant première

Muriel Touaty, Partner Éducation, Recherche et Innovation chez Onepoint et à l’origine de la programmation de l’événement, décrit de son côté l’IA comme un “exosquelette de la pensée”. Une technologie capable d’augmenter considérablement nos capacités, mais qui peut aussi les affaiblir si nous lui déléguons progressivement le raisonnement lui-même. Avec l’émergence d’agents d’IA capables non seulement de répondre, mais aussi d’agir, la question devient encore plus pressante : comment rester auteur de ses décisions plutôt que simple opérateur de la machine ?

L’éducation pourrait ainsi avoir une nouvelle mission : apprendre à se servir de l’IA sans cesser de penser. Comprendre ses mécanismes et ses biais, interroger ses réponses, exercer son jugement et cultiver ce que les outils automatisés ne peuvent précisément pas dispenser : curiosité, discernement, effort et esprit critique.

Une journée pour repenser l’éducation à l’ère de l’IA

La journée du 13 octobre explorera ces tensions sous plusieurs angles. Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal et Olivier Ginez ouvriront les débats autour de l’impact de l’IA sur les modèles éducatifs. Une discussion, animé par Olivia Recasens, directrice de la rédaction de WE DEMAIN, opposera ensuite huit acteurs de l’éducation et de l’EdTech autour d’une question : “Éduquer ou former : quelle école voulons-nous vraiment ?”

Le philosophe Charles Pépin s’interrogera sur la manière de “former un humain à l’ère de l’IA”, avant des échanges consacrés notamment au rôle de l’entreprise dans l’apprentissage ou à la démocratisation de la connaissance. En fin de journée, le philosophe Éric Sadin prendra le contre-pied du techno-enthousiasme avec une question volontairement radicale : “Faut-il débrancher l’IA ?”

Une journée, en somme, pour tenter de résoudre un paradoxe appelé à devenir central : comment profiter d’outils qui savent de plus en plus de choses sans perdre, nous, l’envie et la capacité d’apprendre ?

Métamorphose(s) de l’Éducation

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