Œuf poché avec jaunes coulants, brocoli et céréales dans une assiette avec fourchette.
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Bien manger sans y passer des heures : le pari de Mes Meilleurs Menus

Des menus pensés pour conjuguer équilibre nutritionnel, simplicité de préparation et moindre impact environnemental.

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En bref

  • Mes Meilleurs Menus propose chaque semaine des recettes équilibrées et une liste de courses adaptée au nombre de convives.
  • Les menus privilégient une alimentation flexitarienne, inspirée du régime méditerranéen et plus riche en légumes et légumineuses.
  • La planification des repas peut aider à réduire les achats inutiles, le gaspillage alimentaire et la consommation de viande.
  • Gratuit, le service veut rendre les recommandations nutritionnelles et environnementales plus simples à appliquer au quotidien.

“On mange quoi ce soir ?” La question paraît anodine. Elle résume pourtant une petite opération logistique répétée presque chaque jour : trouver une idée, vérifier le contenu des placards, tenir compte des goûts de chacun, composer un repas équilibré, maîtriser le budget et, si possible, limiter son impact environnemental. Après une journée de travail, la solution de simplicité, recourir à des aliments ultra-transformés tout prêts ou presque, finit souvent par s’imposer.

Ce n’est pas l’information qui manque. Les recommandations nutritionnelles invitent depuis longtemps à manger davantage de fruits, de légumes, de légumineuses et de céréales complètes, tout en réduisant la viande rouge et les produits très transformés. Mais entre connaître ces principes et réussir à les appliquer semaine après semaine, le fossé reste important. C’est là que Mes Meilleurs Menus cherche à intervenir.

Transformer les recommandations en repas

Créée autour de Joffrey Zoll, enseignant-chercheur en physiologie à la faculté de médecine de Strasbourg, l’association propose gratuitement des programmes de repas personnalisés. Après avoir renseigné quelques informations (âge, taille, poids, activité physique, nombre de convives…) l’utilisateur reçoit des menus hebdomadaires, les recettes correspondantes et une liste de courses.

L’idée n’est pas seulement de fournir une nouvelle collection de plats. Internet regorge déjà de recettes de curry de lentilles, de gratins de légumes ou de salades de pois chiches. Le service cherche plutôt à supprimer une partie du travail invisible qui précède chaque repas : décider quoi cuisiner, en quelle quantité, avec quels ingrédients et à quel moment de la semaine.

Les menus sont conçus à partir de critères nutritionnels et s’inspirent notamment du régime méditerranéen. Ils doivent assurer un équilibre entre protéines, glucides, lipides, fibres, vitamines et minéraux, tout en restant suffisamment simples et attractifs pour être réellement préparés. Car un menu scientifiquement irréprochable ne sert à rien s’il exige deux heures de cuisine ou une liste d’ingrédients introuvables.

Réduire la viande sans tout bouleverser

Le projet intègre aussi une dimension environnementale. L’alimentation représente une part importante de l’empreinte carbone des ménages, en particulier en raison de la production de viande. Mes Meilleurs Menus défend donc une approche flexitarienne : il ne s’agit pas de supprimer tous les produits animaux, mais d’accorder davantage de place aux légumineuses, aux céréales complètes, aux légumes, aux œufs ou au poisson.

Cette évolution peut paraître modeste, mais elle correspond davantage aux pratiques réelles que les changements radicaux. Remplacer régulièrement un plat de viande par des lentilles, des pois chiches ou des haricots permet déjà de réduire l’impact climatique des repas. Encore faut-il savoir comment les cuisiner sans avoir l’impression de manger toujours la même chose.

L’association fait ainsi le pari qu’une alimentation plus durable progressera moins par la culpabilisation que par la facilité. Le meilleur menu n’est pas nécessairement celui qui affiche l’empreinte carbone la plus basse sur le papier, mais celui que les familles auront réellement envie de préparer, de manger et de reproduire.

Une liste de courses contre le gaspillage

La planification peut aussi contribuer à réduire le gaspillage alimentaire. Acheter sans savoir précisément ce que l’on cuisinera favorise les produits oubliés au fond du réfrigérateur, les portions trop importantes ou les achats impulsifs. À l’inverse, une liste directement reliée à des recettes permet de donner une fonction à chaque ingrédient.

Les quantités sont ajustées au nombre de personnes et aux besoins déclarés. En théorie, l’utilisateur achète donc au plus près de ce qui sera consommé. Ce système ne supprimera évidemment pas les imprévus : une invitation de dernière minute, un repas sauté ou une recette qui ne plaît pas peuvent toujours désorganiser la semaine, mais il réduit au moins la part d’improvisation. Mes Meilleurs Menus crée en tout cas les conditions favorables à la réduction du gaspillage et à l’instauration de pratiques vertueuses, à savoir cuisiner des produits bruts.

Rendre la transition plus praticable

La gratuité constitue un autre pilier du projet. L’association considère que l’accès à des menus équilibrés ne doit pas dépendre d’un abonnement. Son fonctionnement repose donc sur les dons, les partenariats et les campagnes de financement, un modèle qui permet de toucher un large public mais impose de trouver régulièrement de nouvelles ressources.

L’outil ne résout pas non plus toutes les difficultés liées à l’alimentation. Bien manger suppose encore de disposer d’un minimum de temps, d’équipements, de connaissances culinaires, de commerces accessibles et d’un budget suffisant. Une liste de courses, aussi bien pensée soit-elle, ne compense ni la précarité alimentaire ni les horaires de travail décalés.

L’intérêt de Mes Meilleurs Menus est plus simple : retirer quelques obstacles entre les intentions et l’assiette. La transition alimentaire échoue rarement parce que personne ne sait qu’il faudrait manger davantage de légumes. Elle échoue plutôt un mardi soir, face à un réfrigérateur mal rempli, lorsque personne n’a l’énergie de réfléchir au dîner, ni de sortir une casserole. Un plat préparé et le micro-ondes sont alors souvent la solution. En préparant menus, recettes et courses, l’association fait donc le pari que les choix les plus favorables à la santé et au climat peuvent aussi devenir les plus faciles. Une ambition modeste en apparence, mais décisive dans un domaine où les bonnes résolutions se heurtent chaque jour au manque de temps.

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