Les thermomètres battent des records. Les sols se fissurent. Les hôpitaux souffrent. Les animaux cherchent désespérément de l'eau et de l'ombre. Cet été, les canicules s’enchainent en France. Aussi exceptionnelles soient-elles, ces vagues de chaleur reflètent les prévisions décrites par les scientifiques dans leurs projections climatiques. Les scientifiques l’annoncent depuis des décennies, les associations font de leur mieux pour nous alerter : les changements climatiques d’origine anthropique augmentent la fréquence, l’intensité et la durée de ces événements extrêmes.
Pour autant, nous continuons à avancer comme si nous pouvions éviter l'inévitable. Nous acceptons des faits et des chiffres inacceptables : la canicule tue. Elle emporte chaque année des milliers de personnes. Elle décime des millions d'animaux d'élevage. Elle épuise les forêts, fragilise les océans, condamne une partie de la biodiversité. Aucun vivant n'est épargné. Et pourtant nous ne réagissons pas, ou si peu.
Changer de système pour répondre à des crises interconnectées
Si les causes sont connues, les actions que nous devons collectivement prendre le sont tout autant. Plus qu’une adaptation, c’est un véritable changement systémique que nous devons mettre en place. Ce n’est pas la multiplication des réponses à différents symptômes qui nous permettront de nous préparer. Il serait préférable de répondre globalement, de façon holistique, à l’ensemble des problèmes que nous affrontons.
La canicule n'est pas seulement un problème de température. Elle révèle notre incapacité à préserver les équilibres dont dépend toute forme de vie. La canicule n'est pas non plus une crise isolée. Elle est le symptôme d'un déséquilibre beaucoup plus profond. Sept des neuf limites planétaires sont d’ores et déjà dépassées. Elles indiquent des seuils à ne pas dépasser sans risquer de durablement affecter les conditions de vie sur Terre. Ces limites planétaires sont interconnectées entre elles. Pour trouver des solutions, il faut prendre en compte toutes ces interconnexions.
Il est encore temps de choisir une autre trajectoire
Il reste une fenêtre de tir pour agir. Nous pouvons continuer à croire que nous pourrons ne pas dépasser les +2 degrés (ce qui est déjà bien trop !). Si nous agissons tous ensemble, maintenant. Si nous écoutons les scientifiques qui alertent, les associations qui agissent sur le terrain. Nous pouvons encore résister à l’apathie, au déni. Combattre notre colère, notre frustration, notre anxiété.
Car l’Espoir réside dans l’action collective. Nous avons besoin de tout le monde : les particuliers, les associations, les entreprises, les réseaux, certes, mais aussi et surtout devons mettre en place un cadre règlementaire, politique, financé qui réponde de façon globale à ces enjeux. Il faut agir à la source des problèmes.
Il nous faut modifier notre rapport au Vivant. Ne pas le prendre pour acquis. Le respecter. Changer notre mode de vie. Soyons solidaires, entre nous et avec les autres, non-humains inclus. La nature agonise. Et nous adresse aujourd'hui un avertissement. À nous de décider s'il restera un avertissement… ou deviendra un constat d'échec.
Il est encore temps de choisir une autre trajectoire. Celle du respect du vivant, de la solidarité et de l'action collective. Comme le rappelait le Dr Jane Goodall, chacun d’entre nous a un rôle à jouer.
Ce qu'il faut retenir
Une idée forte
La canicule n'est pas une crise isolée : elle révèle un dérèglement global de notre relation au vivant et aux limites de la planète.
Une urgence
Sortir des réponses d'urgence qui traitent les conséquences sans s'attaquer aux causes du dérèglement climatique et de l'effondrement du vivant.
Une piste d'action
Agir de façon systémique, en s'appuyant sur la science, l'action collective et des politiques capables de protéger durablement le vivant et les sociétés humaines.